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Mondial-2014 - Le Chili, la nouvelle Roja

19/06/2014 12:32 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

"On rêve tous d'être champions du monde. Il faut y aller petit à petit mais on a fait un pas de géant en battant l'Espagne", a déclaré Arturo Vidal après la victoire de la "Roja" chilienne contre le champion du monde en titre, avec lequel elle partage le même surnom.

"Battre l'Espagne ce n'était pas notre objectif principal. Notre objectif principal, comme les autres sélections, c'est d'arriver en finale et gagner", a souligné de son côté Jorge Valdivia.

Le Chili, qualifié pour les huitièmes de finale avant même de disputer son troisième match du groupe B, vise maintenant le plus haut, là où ses aînés, dans l'ombre des deux ogres argentin et brésilien, nourrissaient des complexes.

A la fin des années 1990, le Chili avait obtenu de bons résultats avec Ivan Zamorano et Marcelo Salas, qui avaient amené les Rouges en huitièmes de finale du Mondial français. Mais il manquait de soutien derrière les deux vedettes. L'équipe nationale n'a jamais gagné de tournoi majeur, se contentant d'accessits: médaille de bronze olympique en 2000, quatre finales de Copa America...

Aujourd'hui le Chili a en Vidal (Juventus) et Alexis Sanchez (Barcelone) deux joueurs de très haut niveau mondial, mais elle compte aussi un groupe de grognards mercenaires évoluant en Italie, Angleterre, Espagne, Suède ou au Brésil. Jamais le Chili n'a paru aussi fort sur le papier.

Toutefois, c'est oublier qu'il y a deux ans, la Roja d'Amérique était au fond du trou. Elle était alors sixième des éliminatoires après des défaites à Santiago contre l'Argentine et la Colombie et en déplacement face à l'Equateur. Jorge Sampaoli, l'Argentin qui entraînait Universidad de Chile, a alors succédé à son compatriote Claudio Borghi.

- Sampaoli le meilleur de l'histoire -

"Sampaoli a pris une sélection qui était un peu dans les cordes, un peu sonnée", rappelle Valdivia.

Après une défaite initiale face au Pérou, Sampaoli a enchaîné cinq victoires et un nul pour composter le billet pour le Mondial. Statistiquement, il est le meilleur entraîneur du Chili de son histoire.

"On a beaucoup travaillé. Le coach travaille", estime Vidal, qui balaie la question des journalistes demandant si Sampaoli c'est "l'héritage Bielsa", entraîneur du Chili de 2007 à 2011. "Maintenant, c'est le début du cycle Sampaoli", rétorque-t-il.

Sampaoli, entraîneur à la personnalité forte, a su faire adhérer ses joueurs à son discours et un jeu porté vers l'avant et très rapide. "On a une manière de jouer depuis que je suis aux commandes. Le groupe a assimilé l'idée et l'idée nous a amenés ici (...) On ne va pas changer de style maintenant. Ce serait changer le message imprimé depuis le début", avait-il annoncé avant la rencontre contre l'Espagne.

S'il n'a pas changé le message contre la Roja espagnole, il avait quand même fait un coup tactique en sortant Valdivia, auteur d'un but et d'une belle prestation contre l'Australie, du onze pour muscler sa défense avec Francisco Silva. La manoeuvre a réussi sans que le Chili joue de manière défensive. Vidal souligne que le "travail tactique" a été "parfait".

Et le Chili, qui avait sali son image au même Maracana en 1989 lors des éliminatoires pour le Mondial-90, a cette fois proposé une performance chatoyante (En 1989, le gardien chilien Roberto Rojas s'était lui même coupé au visage simulant avoir été touché par une fusée. Le Chili avait quitté le terrain mais avait été ensuite interdit de compétition internationale).

Quant à Valdivia, "qui n'avait pas 6 ans" lors de l'affaire, il n'a pas critiqué le choix du sélectionneur de le laisser sur le banc: "C'est sûr que j'aimerais jouer plus, c'est normal mais il y a un entraîneur qui décide. Et si on est là où on est aujourd'hui, c'est parce qu'on est un groupe".

Après le match, Sampaoli a essayé de tempérer les ardeurs de la presse de son pays qui a vite fait de transformer la victoire contre le champion du monde en titre mondial.

Gagner la Coupe du monde ne lui "traverse même pas l'esprit. Concentrons-nous sur le prochain match, mais si nous gardons cette humilité et ce sens du sacrifice, si on continue à être collectif, on est dangereux pour tous les pays. Je ne sais pas si c'est la plus grande victoire de l'histoire du Chili, je pense toujours que la plus grande sera la prochaine".

pgf/jta

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