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Mondial-2014 - France: la charnière Varane-Sakho à l'épreuve de la Suisse

19/06/2014 09:27 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

La jeune charnière centrale de l'équipe de France, Mamadou Sakho-Raphaël Varane, va passer son premier test sérieux au Mondial contre la Suisse, a priori l'adversaire le plus coriace des Bleus dans le groupe E, vendredi à Salvador de Bahia.

Depuis son avènement le 19 novembre lors de la qualification homérique en barrage retour contre l'Ukraine (3-0), le duo n'a guère eu le temps de peaufiner une entente qui semble évidente, mais appelle forcément confirmation après un début tranquille dans la compétition face au modeste Honduras (3-0).

Au lendemain de ce quatrième match seulement en commun, après la Géorgie en mars 2013 (3-1), l'Ukraine et la Jamaïque (8-0), Didier Deschamps l'a reconnu: "c'est vrai qu'ils n'ont pas été mis en difficulté. Ils le seront peut-être un jour. Mais pas à cause de leur jeunesse. En raison de la qualité des attaquants adverses".

Ces attaquants se nomment Seferovic, Mehmedi -les deux buteurs contre l'Equateur (2-1)- mais également Drmic, auxquels s'ajoutent les milieux offensifs Shaqiri et Xhaka. Autant de joueurs qui incarnent le renouveau suisse depuis deux ans et une campagne qualificative (7 victoires, 3 nuls) à ce point réussie qu'elle a permis à la Nati d'être tête de série dans ce tournoi.

Individuellement, collectivement, ils donneront sans nul doute autrement plus de fil à retordre que les Honduriens à la défense française et à son duo axial.

Mais en regardant de plus près, aucun d'entre-eux n'est plus âgé que Sakho (24 ans) et aucun ne peut se targuer d'avoir le palmarès de Varane, qui vient d'ajouter, à 21 ans, une Ligue des champions à la Liga remportée en 2012 avec le Real Madrid.

- Le feu et la glace -

"Ils ne découvrent pas le niveau international. Ensuite, je regarde ce qu'un joueur est capable d'apporter à l'équipe, pas sa date de naissance", a encore argumenté Deschamps face au manque de garanties que présenterait leur manque de vécu en commun, dans une compétition où souvent l'expérience prime.

Pour Patrice Evra, qui les côtoie sur l'aile gauche, "ils peuvent combler ce manque d'expérience par la vivacité".

C'est surtout le grand potentiel qui se trouve derrière cette paire et a été éclatant dans le contexte sans filet du barrage retour, où la pression était énorme, qui a convaincu le sélectionneur de reconduire ce choix. En se projetant également vers l'Euro-2016 qui se jouera en France.

"Ils ont beaucoup de qualités, pas les mêmes, ce qui les rend complémentaires", a expliqué le sélectionneur, conscient de détenir en Sakho et Varane, à la fois le feu et la glace.

Le premier, gaucher, fait preuve d'un fort engagement physique dans les duels, dans ses tacles, n'hésite pas à monter aux avants-postes comme contre l'Ukraine où son doublé fut si décisif. Véritable leader en devenir, il a été promu vice-capitaine par "DD".

Le second, droitier, est plus dans l'anticipation grâce à une excellente lecture du jeu. Toujours debout, le buste droit, la tête haute, il est aussi un précieux premier relanceur. Derrière un certain effacement, ce sont son assurance et son sang-froid qui prédominent.

Loïc Rémy résume ainsi la situation: "le coach leur fait confiance. Cette charnière est dynamique et assez complémentaire".

Face à une Suisse qui inspire la méfiance, le contexte particulier d'un deuxième match peut-être déjà décisif pour la qualification en huitièmes de finale est une bonne occasion de solidifier un peu plus l'association entre Varane et Sakho et d'optimiser leurs automatismes.

Autant de certitudes qui renforceraient un peu plus les Bleus dans ce Mondial et bien après.

nip/jta

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