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Conflit colombien: les violences sexuelles sont qualifiées de «crime contre l'humanité»

19/06/2014 09:39 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT
AP
FILE - In this Aug. 27, 2012 file photo, Colombia's President Juan Manuel Santos delivers a speech during a televised address to the nation at the presidential palace in Bogota, Colombia. Santos announced on Tuesday, Sept. 4, 2012 a preliminary accord with Colombia's main leftist rebel group to launch peace talks to end a century-old conflict that has claimed tens of thousands of lives. (AP Photo/Fernando Vergara, File)

La Colombie a adopté une nouvelle loi qualifiant de "crime contre l'humanité" les agressions sexuelles commises dans le cadre du conflit intérieur qui frappe ce pays depuis un demi-siècle.

Le président Juan Manuel Santos, qui a signé mercredi soir ce texte, l'a résumé d'une formule simple: "tout le poids de la loi sur ceux qui commettent des sévices sexuels sur des femmes, des adolescentes et des enfants, tout le soutien de l'Etat pour les victimes".

Parmi les principaux points de la loi, il est prévu que ces "attaques généralisées ou systématiques contre la population civiles" soient déclarées par l'autorité judiciaire comme "crimes contre l'humanité" et soient ainsi "imprescriptibles".

"Il pourra se passer 10, 20, 30 ou 50 ans: la justice pourra toujours enquêter et condamner les auteurs de ces crimes", a souligné M. Santos.

Le chef de l'Etat, réélu dimanche pour un second mandat de quatre ans, a insisté sur l'importance de ce texte au moment où son gouvernement mène des négociations de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et l'Armée de libération nationale (ELN), les dernières guérillas d'extrême gauche en activité.

"La société colombienne fait un pas décisif pour s'attaquer à l'une des conduites les plus honteuse de l'humanité, et sans aucun doute de notre pays : la violence sexuelle, en particulier celle qui s'exerce dans le cadre du conflit armé", a-t-il affirmé.

La loi prévoit des délits spécifiques tels que les grossesses non désirées à la suite d'un viol ou les stérilisations, ainsi qu'une assistance psychologique gratuite pour les victimes.

Le conflit intérieur colombien qui a mêlé l'armée à des guérillas, des milices paramilitaires appelés "autodéfenses" - aujourd'hui dissoutes- et des bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de morts et provoqué le déplacement de plus de cinq millions de personnes en cinquante ans.

"Nous devons condamner les auteurs, qu'ils soient de la guérilla, des anciens groupes d'autodéfenses, ou de bandes criminelles, ou même des agents de l'Etat", a ajouté M. Santos.

Selon des chiffres du gouvernement, 4 672 femmes ont été victimes de sévices sexuels dans le cadre du conflit armé.

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