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Les pays musulmans s'engagent à combattre le confessionnalisme et l'exclusion (OCI)

19/06/2014 05:58 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Les pays de la Conférence de la coopération islamique (OCI) ont souligné jeudi leur volonté commune de "combattre les politiques confessionnelles et d'exclusion", à l'issue d'une réunion ministérielle dans la ville saoudienne de Jeddah.

Dans un communiqué, l'OCI souligne que ses membres "se tiennent prêts, ensemble, à combattre les politiques confessionnelles et d'exclusion", sans faire mention de l'Irak, où la poussée des jihadistes est imputée notamment à la politique du gouvernement accusé de marginaliser les sunnites.

Le communiqué, lu par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal, a souligné que ces politiques ont conduit à "des troubles politiques dans certains pays qui menacent leur sécurité et leur stabilité".

La réunion de l'OCI, organisation regroupant 57 Etats avec près de 1,5 milliard de musulmans, a condamné "le terrorisme dans toutes ses formes" et dénoncé l'incapacité de la communauté internationale à trouver une solution au conflit en Syrie.

Le prince Saoud a répété avec virulence les critiques de son pays contre le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, un chiite.

Il l'a accusé d'avoir "avivé" la crise en Irak en favorisant l'apparition de "milices terroristes d'une confession ou d'une autre".

"Nouri al-Maliki est derrière la détérioration de la situation en Irak", a-t-il notamment affirmé dans une conférence de presse.

A l'ouverture de la réunion mercredi, le prince Saoud avait mis en garde contre le risque d'une guerre civile en Irak qui déstabiliserait la région tout entière.

L'Arabie saoudite avait ouvertement accusé lundi M. Maliki d'avoir conduit l'Irak au bord du gouffre par sa politique d'exclusion des sunnites et réclamé la formation d'un gouvernement d'entente nationale.

Le gouvernement irakien a réagi en accusant mardi Ryad de soutenir financièrement les groupes insurgés en Irak et de s'être rangé du côté du "terrorisme".

Le prince Saoud a déclaré, interrogé sur ce sujet, que "ces accusations sont risibles". "Mon conseil à Maliki, c'est de suivre une politique similaire à celle de l'Arabie saoudite en matière de lutte contre le terrorisme", a-t-il dit.

Le royaume saoudien avait porté un coup dur à Al-Qaïda après avoir été, de 2003 à 2006, le théâtre d'une vague d'attentats revendiqués par le réseau extrémiste.

Dans un autre communiqué, appelé "Déclaration de Jeddah", la réunion a rejeté les élections syriennes qui ont récemment abouti à la reconduction du président Bachar al-Assad pour un nouveau mandat, soulignant que cela "contrevient à la déclaration de Genève qui prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition" en Syrie.

A propos de la Libye, l'OCI s'est inquiétée de la dégradation de la situation dans ce pays et "exhorté toutes les parties à amorcer un dialogue national pour un consensus politique".

Le texte a également apporté le soutien de l'OCI au gouvernement du Nigeria dans sa campagne destinée à "venir à bout" du groupe radical Boko Haram.

Il a enfin dénoncé les violences contre les "musulmans en Afrique centrale" et exprimé sa solidarité avec les minorités musulmanes dans le plusieurs pays du monde.

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