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Les insurgés ukrainiens supplient Moscou de venir à leur secours

19/06/2014 09:56 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

MOSCOU - De violents combats ont éclaté dans l'est de l'Ukraine, où un leader des insurgés affirme que les rebelles sont au bord de la défaite et demande l'aide militaire du Kremlin.

Gouvernement et rebelles rapportaient jeudi des combats près de Krasnyi Liman, tout juste à l'est du bastion rebelle de Sloviansk, une ville de la région de Donetsk qui forme l'épicentre de l'insurrection en Ukraine.

Un porte-parole des forces ukrainiennes qui combattent dans l'est du pays, Vladislav Seleznev, a déclaré sur Facebook que quatre soldats de l'armée ont été tués et 20 autres blessés. Jusqu'à 200 rebelles auraient été tués et des centaines d'autres blessés, a-t-il ajouté.

Bien qu'il n'était pas possible de confirmer ces informations, le chef rebelle Igor Strelkov a indiqué, sur YouTube, que ses hommes risquent de devoir battre en retraite face à des forces ukrainiennes beaucoup plus nombreuses et mieux équipées.

Il a prévenu que la poussée de l'armée ukrainienne pourrait rompre les liens des rebelles avec Sloviansk, et il a supplié Moscou de leur fournir une aide militaire.

«J'espère qu'ils (les Russes) auront suffisamment de conscience à Moscou pour prendre des mesures», a-t-il dit.

Des nationalistes en Russie mettent de la pression sur leur président, Vladimir Poutine, afin qu'il envoie des soldats dans l'est de l'Ukraine pour aider les rebelles. M. Poutine a toutefois catégoriquement refusé les demandes des insurgés pour intégrer la Russie, et a accueilli favorablement un plan de paix et un cessez-le-feu proposés par le nouveau président ukrainien, Petro Porochenko.

Ce plan requiert toutefois une frontière sécuritaire entre la Russie et l'Ukraine, a précisé M. Porochenko, et on ne pouvait dire pour l'instant quand cela serait possible.

La Russie nie avoir fomenté les plans de rébellion dans l'est, tel que le soupçonnent l'Ukraine et les pays occidentaux, répliquant que les citoyens russes parmi les rebelles sont bénévoles. Elle nie également avoir fourni de l'artillerie lourde aux rebelles.

Un des leaders du soulèvement, Denis Pouchiline, a dit à des journalistes jeudi que les rebelles avaient bel et bien quelques chars d'assaut, mais qu'ils avaient été saisis aux forces ukrainiennes. Le gouvernement américain contredit toutefois cette information et soutient détenir des preuves que des chars et d'autres équipements militaires proviennent de l'autre côté de la frontière russe.

Par ailleurs, le secrétaire-général de l'OTAN a révélé jeudi que la Russie a recommencé à renforcer sa présence militaire près de la frontière.

Anders Fogh Rasmussen a qualifié cette décision de «pas en arrière très déplorable». Quelques milliers de soldats russes ont été déployés le long de la frontière ukrainienne, mais leur mission ne semble pas être d'empêcher armes et combattants d'entrer en Ukraine, a-t-il déploré.

La Russie semble plutôt chercher à utiliser sa puissance militaire pour intimider l'Ukraine, a dit le chef de l'OTAN.

M. Rasmussen a prévenu que la communauté internationale doit être prête à répondre si l'intervention de la Russie prend plus d'ampleur.

Le ministère de la Défense russe a refusé de commenter cette déclaration de l'OTAN.

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