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Le patron d'UBS Belgique "privé de liberté", soupçonné de fraude et blanchiment

19/06/2014 09:44 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le directeur de la filiale belge de la banque suisse UBS a été "privé de liberté" et interrogé par un juge d'instruction bruxellois pour des soupçons de blanchiment et de fraude fiscale, a indiqué jeudi la justice belge.

Marcel Bruehwiler, patron d'UBS Belgium, a été "privé de sa liberté" par le juge d'instruction bruxellois Michel Claise, présent lors d'une perquisition à son domicile jeudi matin, a déclaré à l'AFP une porte-parole du parquet de la capitale belge, Ine Van Wymersch.

D'abord "mis en cellule", il a ensuite été interrogé par le juge d'instruction, spécialisé dans les questions financières, qui devait décider de le placer ou non en détention provisoire, selon la même source.

Le directeur d'UBS "n'a pas été interpellé par la justice mais uniquement interrogé", a réagi un porte-parole de la banque suisse dans un email envoyé à l'AFP.

"UBS conduit ses activités dans le respect total de la loi et des réglementations en vigueur. La banque ne tolère aucune activité ayant pour objectif de permettre à ses clients de contourner leurs obligations fiscales. UBS coopère totalement avec les autorités belges", ajoute le texte.

L'institution helvétique fait déjà l'objet d'enquêtes en France, aux Etats-Unis et en Allemagne.

UBS Belgium aurait approché, au cours des dix dernières années, des contribuables belges fortunés pour leur proposer l'ouverture de comptes non déclarés en Suisse. Avec la complicité d'UBS Belgium, des montants importants --le parquet a évoqué "plusieurs milliards d'euros"-- auraient quitté illégalement la Belgique pour la Suisse.

En termes juridiques, M. Bruehwiler est soupçonné de "blanchiment", d'"évasion fiscale organisée", de "démarchage illégal de clients dans le cadre d'une organisation criminelle" et d'"exercice illégal de la profession d'intermédiaire financier en Belgique", selon le parquet.

"Les premiers éléments d'enquête ont mis en évidence le comportement organisé permettant probablement l'évasion fiscale frauduleuse", a expliqué lors d'une conférence de presse en milieu de journée Mme Van Wymersch, qui devait à nouveau parler à la presse à 16H30 (14H30 GMT).

Ces renseignements ont été obtenus "via des dénonciations très précises de +compliance officers+ (responsables de la conformité) qui ont soit quitté la banque, soit qui ont été licenciés par la banque", a-t-elle ajouté.

Après trois mois d'enquête, des perquisitions ont donc eu lieu jeudi matin à Bruxelles, notamment "au domicile du patron de la banque" et à celui d'un "client bien identifié", a-t-elle précisé. Le quotidien économique belge L'Echo a rapporté que des perquisitions avaient également été menées dans les locaux d'UBS Belgium à Bruxelles.

L'enquête belge s'est accélérée alors que fin mai, un ex-banquier suisse d'UBS a été condamné aux Etats-Unis à cinq ans de prison avec sursis pour avoir aidé de riches Américains à échapper à l'impôt en ouvrant des comptes en Suisse. Plusieurs autres anciens cadres d'UBS sont également visés par des enquêtes aux Etats-Unis.

En février 2009, la banque elle-même avait dû verser 780 millions de dollars aux autorités américaines et leur livrer le nom de plusieurs milliers de ses clients soupçonnés d'avoir fraudé le fisc.

UBS est par ailleurs poursuivie en France pour démarchage illicite de clients. Elle est également accusée de complicité d'évasion fiscale par le fisc allemand.

cel-siu/vog

UBS AG

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