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«La Vénus à la fourrure» : Emmanuelle Seigner incandescente (PHOTOS)

19/06/2014 09:10 EDT | Actualisé 19/06/2014 09:13 EDT
Les Films Séville

Dans le nouveau long métrage de Roman Polanski, La Vénus à la fourrure, la comédienne Emmanuelle Seigner trouve un rôle à la hauteur de son grand talent. Devant la caméra de son mari, elle irradie ce superbe et étrange huis clos qu'elle partage avec Mathieu Amalric. À l’occasion de la sortie du film en salles ce vendredi, le Huffington Post Québec s’est entretenu avec l’actrice.

Roman Polanski (Chinatown, Rosemary’s Baby) avait dirigé plusieurs fois sa femme Emmanuel Seigner (Frantic, Lunes de fiel, La neuvième porte). Toutefois, avec La Vénus à la fourrure, son 21e film, le réalisateur de 79 ans tourne sa première œuvre de sa carrière en langue française. «Et c’est aussi mon premier rôle en français avec Roman, ajoute l’actrice. J’ai toujours joué en anglais à ses côtés, mais il s'agit ici de mon premier grand rôle.»

Adaptation d'une pièce de David Ives, La Vénus à la fourrure représente aussi ce désir pour le couple de travailler à nouveau ensemble. «Il voulait tourner une comédie sophistiquée à la Billy Wilder, tandis que moi, je voulais un beau personnage», raconte-t-elle sur la genèse du film.

Ils n’ont donc jamais cessé de chercher, jusqu’au jour où Polanski lui fait lire la pièce du dramaturge américain. «J’ai eu peur un petit peu. Je trouvais ce rôle énorme, complètement infaisable. Pourtant, les choses se sont faites très naturellement. Roman m’a rassuré en me disant qu’il comptait l’adapter en français. Il avait raison. Une fois que j’avais appris le texte, je me suis en fait beaucoup amusée», dit-elle.

La Vénus à la fourrure se déroule entièrement à l’intérieur d’un théâtre où désespère un metteur en scène (halluciné et habité, Mathieu Amalric) en quête de l’actrice idéale pour l’adaptation de sa pièce tirée du roman érotique de Sacher-Masoch. Mais apparaît soudainement Vanda (Emmanuelle Seigner), une jeune femme à l’allure grossière venue par surprise pour auditionner. «Il croit voir une pétasse, nunuche sur les bords, raconte l’actrice. Mais, il va vite se rendre compte qu’il faut parfois se méfier des apparences.»

Un film «polanskien»

Seigner a adoré incarner Vanda, figure féminine aux multiples visages et personnalités. Sa performance à couper le souffle lui a d’ailleurs permis d'être nommée dans la catégorie de la meilleure actrice aux derniers Césars. «Malgré sa dégaine vulgaire, c’est une fille intelligente. Elle contrôle et manipule. On ne voit pas souvent ce genre de personnages dans le cinéma français où les femmes sont utilisées comme des objets en interprétant des putes ou des idiotes.»

Au côté de Polanski, elle s’est d’ailleurs sentie en plein contrôle. «Il me connaît. Il sait quoi sortir de moi. Roman est un cinéaste exigeant. Il demande beaucoup de ses acteurs. Il est précis, presque maniaque. Il veut que tout soit parfait comme Stanley Kubrick ou Orson Welles. Depuis des années que je fais ce métier, j’ai gagné en assurance et en expérience, ce qui m’a permis de garder mon naturel et ma profondeur.»

Elle ajoute même avoir beaucoup ri à propos de son personnage. «Vanda me fait marrer. Elle est extrême et sarcastique, à mille lieues de ce qu’on a l’habitude de me proposer. J’ai souvent joué des femmes passives ou évanescentes, alors que je ne suis pas du tout comme cela dans la vie. Je suis même limite garçon manqué. Je ne sais pas pourquoi on m’enferme dans des cases qui ne me correspondent pas, même si je dois dire que Vanda ne me ressemble pas vraiment. Elle est trop diabolique.»

Film à deux personnages, Seigner est accompagné tout au long du récit par Mathieu Amalric dont les médias français ont tôt fait de remarquer la ressemblance avec Polanski. «Physiquement peut-être, il reste que leur personnalité demeure différente. Je connais bien Mathieu. On s’est connu pendant le tournage du Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel. C’est un immense acteur qui possède un réel sens du rythme. Il est impressionnant.»

Selon la comédienne, en faisant écho aux premiers films de son époux, La Vénus à la fourrure est du pur Polanski. «C’est une œuvre intimiste qui me rappelle Le couteau dans l'eau, Cul-de-sac ou bien Répulsion. J’aime vraiment cette partie de sa filmographie où l’on y trouve une espèce de folie qui n’appartient qu’à lui. C’est extrêmement original et cela me donne l’impression que c’est le résultat d’un jeune réalisateur.»

La Vénus à la fourrure – Les Films Séville – Drame – 96 minutes – Sortie en salles le 20 juin 2014 – France.

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