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Kosovo: Le Premier ministre dénonce la réinstallation d'une "barricade de fleurs" à Mitrovica

19/06/2014 06:17 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, a dénoncé jeudi la décision des Serbes kosovars de réinstaller une "barricade de fleurs" empêchant ainsi le trafic routier sur le pont qui relie la partie albanaise à la partie serbe de la ville divisée de Mitrovica.

Initialement, dans la matinée de mercredi, les Serbes avaient enlevé une barricade renforcée par des blocs de béton érigé il y a trois ans pour marquer le refus des Serbes de reconnaître les autorités de Pristina, qui ont unilatéralement proclamé en 2008 l'indépendance du Kosovo de la Serbie.

Mais dans l'après-midi, la circulation routière sur le pont a de nouveau été bloquée par des bacs contenant des sapins posés à la sortie serbe du pont qui enjambe l'Ibar, rivière servant de frontière naturelle entre les parties serbe et albanaise de cette ville.

Le Premier ministre a dénoncé un "jeu dangereux et illégal" et affirmé que "tôt au tard" les responsables vont devoir répondre devant la justice.

"Je demande aux leaders locaux de la communauté serbe d'être raisonnables et d'enlever cette barricade", a dit M. Thaçi dans un communiqué.

Mercredi, le maire de la partie serbe de Mitrovica, Goran Rakic, avait affirmé qu'il avait l'intention de faire construire un "parc de la paix". Selon lui, le pont sera utilisé uniquement par des piétons, sans circulation routière, a assuré M. Rakic.

Sous la houlette de l'Union européenne, la Serbie et le Kosovo ont conclu en avril 2013 à Bruxelles un accord historique visant à la normalisation de leur relations, mises à mal par le conflit serbo-kosovar de 1998-99 et par la proclamation de l'indépendance du Kosovo que Belgrade refuse de reconnaître.

Depuis, encouragés par Belgrade, les 120.000 Serbes du Kosovo, mais surtout les 40.000 d'entre eux qui vivent dans le nord - région limitrophe de la Serbie, où ils sont majoritaires et où Pristina n'exerce pratiquement aucun contrôle -, ont donné plusieurs signes encourageants à l'égard de Pristina.

C'était le cas début juin lorsqu'ils ont participé pour la première fois à des élections législatives kosovares.

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