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Irak: Washington ne doit pas être "une force aérienne pour milices chiites" (Petraeus)

19/06/2014 04:43 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

L'ex-grand patron des forces américaines en Irak a estimé que les Etats-Unis, qui ont retiré leur troupes de ce pays fin 2011 après huit ans d'occupation, ne devaient pas devenir "une force aérienne pour des milices chiites".

Le général David Petraeus s'exprimait alors que le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, dominé par les chiites, a officiellement demandé aux Etats-Unis de lancer des frappes aériennes contre les insurgés sunnites qui ont depuis le 9 juin conquis plusieurs régions du nord de l'Irak et avançaient vers Bagdad.

"Si on doit soutenir l'Irak, ce soutien doit être accordé à un gouvernement, un gouvernement de tout le peuple qui représente toutes les composantes de l'Irak", a-t-il souligné mercredi lors d'une conférence à Londres.

"Les Etats-Unis ne peuvent pas être une force aérienne pour le compte de milices chiites ou pour un chiite dans son combat contre des Arabes sunnites", ajouté le général Petraeus.

"Si les Etats-Unis veulent aider l'Irak, ça doit être une aide à un gouvernement contre l'extrémisme, plutôt qu'une partie dans ce qui peut être une guerre confessionnelle", a t-il expliqué.

Mercredi, le plus haut gradé américain a critiqué le "confessionnalisme" des dirigeants irakiens, ayant favorisé selon lui l'avancée des jihadistes en Irak.

"Il n'y avait pas grand chose à faire qui aurait permis d'oublier à quel point le gouvernement d'Irak a négligé les siens. C'est ce qui est à l'origine du problème actuel", a déclaré le général Martin Dempsey, chef d'état-major interarmées.

Selon lui, les responsables américains ont à plusieurs reprises prévenu les dirigeants irakiens des risques d'une politique excluant certaines communautés religieuses. Mais leurs avis ont été complètement ignorés, a-t-il déploré.

Le président Barack Obama, qui a rencontré mercredi les dirigeants du Congrès américain, poursuivait ses consultations sur l'Irak sans exclure d'option, à l'exception des troupes au sol.

"Aucune option n'a été écartée", a affirmé le secrétaire d'Etat américain John Kerry dans un entretien à la chaîne NBC, rejetant l'hypothèse, avancée par certains médias, selon laquelle la Maison Blanche aurait renoncé, au moins à court terme, à des frappes aériennes.

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