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Grève dans les garderies en milieu familial le 7 juillet pour faire pression sur le gouvernement

19/06/2014 01:42 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT
Zero Creatives via Getty Images

MONTRÉAL - Le syndicat qui représente la vaste majorité des responsables de services de garde en milieu familial prévient que la première journée de grève, le 7 juillet, pourrait ne pas être la dernière.

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) reproche au ministère de la Famille son «grand manque d'ouverture» dans les négociations. Plus de 90 pour cent de ses membres ont voté en faveur d'un débrayage.

«La mobilisation est toujours à la merci de la négociation, donc c'est sûr que si le gouvernement maintient cette fermeture complète, malheureusement, il devra y avoir les réactions nécessaires», a affirmé jeudi la présidente du syndicat, Kathleen Courville.

La FIPEQ-CSQ représente près de 14 000 des 15 000 éducatrices de services de garde en milieu familial, qui accueillent environ 92 000 enfants.

Le comité de négociation du regroupement syndical s'est dit «très insatisfait» des réponses obtenues lors d'une rencontre avec le ministère de la Famille, vendredi dernier — et il semble que les pourparlers qui étaient en cours jeudi ne se déroulent guère mieux, selon la FIPEQ-CSQ.

Les principaux points en litige concernent le salaire des responsables (reconnaissance des heures travaillées et de l'expérience) et la place réservée aux bureaux coordonnateurs, qui sont notamment responsables de la gestion des subventions gouvernementales et de la répartition des places.

Les responsables de services de garde en milieu familial travaillent environ 50 heures en présence des enfants, mais elles touchent le même salaire que leurs consoeurs qui travaillent 35 heures dans les centres de la petite enfance (CPE), expose Mme Courville.

La titulaire du ministère, Francine Charbonneau, a formulé le souhait que les deux parties trouvent des solutions à la table de négociations.

«Je trouve ça triste par contre, et je vous l'avoue, qu'on puisse prendre les familles ou les enfants en otage en disant: 'On va faire une grève et ça va régler le problème'. Je pense que c'est en se parlant qu'on règle les choses. Pas en menaçant», a-t-elle laissé tomber jeudi matin dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

Mais la FIPEQ-CSQ se défend d'agir de façon déraisonnable.

«C'est malheureux parce que nous, les parents, on les accueille au quotidien et on travaille de très près avec eux. Ça n'a jamais été notre intention de prendre les parents en otage; au contraire. Mais à un moment donné, on ne peut pas recevoir une gifle comme celle-là sans y répondre», a déploré Mme Courville, selon qui la ministre Charbonneau pourrait s'impliquer personnellement dans le dossier.

Les négociations entre les deux parties ont démarré le 15 octobre dernier. La convention collective est échue depuis le 30 novembre.

Selon l'attachée de presse de la ministre Charbonneau, Lindsay Jacques-Dubé, la FIPEQ-CSQ aurait tout intérêt à laisser la chance aux négociations de débloquer.

«On (le ministère) garde toujours espoir que ça se règle le plus rapidement possible. Les garderies peuvent faire des moyens de pression, mais au final, ça devrait se passer autour de la table», a-t-elle affirmé en entrevue téléphonique, jeudi après-midi, soutenant que les discussions allaient toujours «bon train».

L'été s'annonce chaud dans le réseau des services de garde: les garderies privées subventionnées du Québec ont indiqué cette semaine qu'elles prévoyaient fermer leurs portes pendant cinq jours non consécutifs pendant la belle saison pour augmenter la pression sur le gouvernement de Philippe Couillard.

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