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Expansion dans le sans-fil: la balle est dans le camp d'Ottawa, dit Québecor

19/06/2014 12:39 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Québecor (TSX:QBR.B) discute avec d'éventuels partenaires pour mettre sur pied son réseau sans fil pancanadien, mais le conglomérat prévient que l'aboutissement du projet dépendra du gouvernement fédéral, qui devra changer certaines de ses règles afin de lui faciliter la tâche.

L'expansion pancanadienne de l'entreprise québécoise dépendra ainsi de la détermination d'Ottawa à revoir sa politique sur les frais d'itinérance, a fait valoir son président et chef de la direction, Pierre Dion, jeudi, au cours de l'assemblée annuelle des actionnaires.

Ces frais d'itinérance sont par exemple facturés à une entreprise ayant recours au réseau d'une autre compagnie afin d'offrir du service sans fil dans des zones qui ne sont pas couvertes par son spectre de fréquences.

«Il y a des différences importantes en ce qui a trait aux frais d'itinérance pour les nouveaux entrants, a expliqué M. Dion, lors d'un point de presse. Nous voulons des tarifs qui vont permettre aux consommateurs de bénéficier (du réseau) à la grandeur du territoire canadien.»

Selon lui, les règles actuelles favorisent les trois plus grand joueurs du secteur — Rogers (TSX:RCI.B), Bell (TSX:BCE) et Telus (TSX:T) — qui contrôlent près de 90 pour cent du secteur canadien des services sans fil.

«Les autres joueurs ont eu de 25 à 30 ans pour s'implanter, donc les nouveaux entrants doivent avoir des conditions favorables afin de permettre aux consommateurs de bénéficier de cette compétition», a dit M. Dion, qui a repris plusieurs éléments de son discours livré la veille à Toronto dans le cadre du Sommet canadien des télécommunications.

Si Ottawa répond favorablement à ses demandes, le nouveau dirigeant de Québecor n'écarte pas la possibilité de s'allier avec de nouveaux joueurs, comme Wind Mobile ou Mobilicity.

Jusqu'ici, Vidéotron — qui possède plus de 500 000 clients sans fil — a déjà dépensé 1,6 milliard $ dans ce dossier, dont 788 millions $ pour l'acquisition de spectre sans fil dans les provinces de l'Ontario, en Alberta ainsi qu'en Colombie-Britannique.

Le pdg de Québecor n'a cependant pas voulu dire combien de temps il était prêt à patienter avant de décider s'il allait de l'avant ou non avec la mise sur pied un réseau sans fil pancanadien.

«Je n'ai pas d'échéancier ni de chiffres à donner sur le financement nécessaire pour se lancer dans le Canada anglais», s'est contenté de dire M. Dion, qui a été questionné à plusieurs reprises sur ce dossier par les journalistes.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes désire savoir si les grandes entreprises placent les nouveaux joueurs dans une position désavantageuse en ce qui a trait aux frais d'itinérance. L'organisme doit tenir des audiences sur la question au cours de l'automne.

Selon l'analyste du secteur des télécommunications Eamon Hoey, de la firme Hoey, le gouvernement fédéral, qui s'est déjà prononcé en faveur de l'arrivée d'un quatrième concurrent dans le secteur du sans fil, devrait répondre favorablement aux demandes de Québecor.

«Ottawa va faire ce qui est nécessaire pour encourager Québecor et d'autres nouveaux joueurs à entrer dans ce secteur», a-t-il expliqué, au cours d'un entretien.

M. Hoey se dit même confiant de voir le conglomérat québécois réussir dans le reste du pays. «Ils (Québecor) sont très entreprenants, a-t-il dit. Ils ont également les poches profondes et l'argent pour réaliser leurs ambitions.»

Le Bureau de la concurrence du Canada a déjà indiqué qu'une concurrence accrue dans ce secteur pourrait se traduire par des économies annuelles d'environ 1 milliard $ pour les consommateurs.

Par ailleurs, M. Dion a assuré que Québecor n'avait pas l'intention de mettre fin aux éditions papiers de ses quotidiens Le Journal de Montréal — qui célèbre ses 50 ans cette année — et Le Journal de Québec.

Le mois dernier, les dirigeants de Power Corporation (TSX:POW) avaient affirmé que la version papier du quotidien La Presse, qui en est à sa 130e année, est vouée à disparaître dans un avenir pas si lointain.

«On veut garder le papier mais nous voulons aussi développer de plus en plus l'accès (aux journaux) sur les ordinateurs, les tablettes et les téléphones intelligents», a précisé M. Dion.

Il a par ailleurs confirmé que le conglomérat n'avait pas l'intention de se départir, du moins pour l'instant, de ses autres quotidiens dans le reste du Canada.

Finalement, l'ex-premier ministre conservateur Brian Mulroney, qui n'était pas présent à l'assemblée, a été sans surprise élu comme président du conseil d'administration de Québecor.

L'action de Québecor a cédé jeudi 36 cents à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 27,17 $.

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