NOUVELLES

CEIC: Ginette Boivin admet avoir déjà contacté un cabinet ministériel

19/06/2014 06:03 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Ginette Boivin, qui a été responsable du financement du Parti québécois pendant 17 ans, assure qu'elle ne faisait «aucune promesse» lorsqu'elle sollicitait des fonds. Mais elle a pu appeler dans des cabinets ministériels pour tenter d'obtenir des informations.

Devant la Commission Charbonneau, jeudi, celle qui a été responsable du financement du PQ de 1989 à 2006 a admis qu'il a pu arriver qu'elle appelle ainsi à un cabinet ministériel pour tenter d'obtenir une information que lui demandait une personne «qui nous aidait à vendre des cartes, qui aidait à la sollicitation» pour le parti.

Elle a cité ainsi les cabinets des ministères de l'Énergie, des Transports, de l'Environnement ou des Affaires municipales.

Mais, selon elle, parfois elle n'obtenait même pas de réponse et n'insistait pas. Parfois aussi, elle obtenait une réponse, mais plutôt imprécise, a-t-elle relaté.

Pour aider, Mme Boivin a déjà aussi mis une telle personne en contact avec un attaché politique dans un cabinet ministériel, mais jamais avec un élu.

Elle a convenu que ces personnes qui requéraient des informations, «probablement qu'elles devaient s'attendre à quelque chose, mais on n'en faisait pas de promesse».

Le financement sectoriel _ auprès des gens d'affaires de différents secteurs d'activités _ était désigné par le vocable financement «dans les milieux de vie» au Parti québécois.

Mme Boivin a estimé que ce financement dans les milieux de vie représentait environ 10 à 15 pour cent du total amassé par le PQ, l'essentiel étant du financement populaire.

Selon son évaluation, lorsqu'elle y était, le parti recueillait 4,4 à 4,5 millions $ lorsqu'il était au pouvoir et environ 4,2 millions $ de 2003 à 2006, soit jusqu'à son départ.

C'est le chef André Boisclair qui l'avait remerciée de ses services, après 17 années passées au PQ, a-t-elle relaté. Son départ a été demandé après le rapport Moisan, qui avait abordé la question du recours à des prête-noms. Elle s'est dite blessée encore aujourd'hui de ce départ forcé et est devenue émue au moment d'en parler.

PLUS:pc