NOUVELLES

Afghanistan : Abdullah menace de rejeter le résultat de la présidentielle

19/06/2014 09:36 EDT | Actualisé 19/08/2014 05:12 EDT

Le candidat arrivé en tête au premier tour de la présidentielle en Afghanistan Abdullah Abdullah a menacé jeudi de rejeter le résultat du second tour en raison de soupçons de fraudes à son détriment, mettant en péril l'issue d'un scrutin jusqu'ici considéré comme réussi.

"A partir de maintenant, toutes les actions de la part de la commission électorale seront illégales et ses résultats seront inacceptables pour nous", a déclaré M. Abdullah jeudi au cours d'une conférence de presse à Kaboul.

M. Abdullah estime que ses demandes de mettre un terme au dépouillement et au comptage des voix pour examiner les problèmes de fraude n'ont "pas été entendues" par les autorités électorales. Si celles-ci n'acceptent pas les demandes du candidat, le rejet du scrutin par M. Abdullah pourrait ternir son issue.

M. Abdullah réclame aussi la mise à pied de Zia-ul-Haq Amarkhail, un haut responsable de la commission électorale indépendante (IEC), accusé d'avoir commis une irrégularité en transportant des bulletins de vote inutilisés au deuxième tour de l'élection samedi.

M. Abdullah, qui rassemblé 45% des voix au premier tour le 5 avril, enchaîne les conférences de presse depuis dimanche pour dénoncer des fraudes contre son camp qui pourraient bénéficier à son rival Ashraf Ghani (31,6% au premier tour).

Le candidat mécontent a précisé qu'il ne reconnaissait ni l'IEC, ni la Commission des plaintes électorales (ECC) en raison de leur "mépris des demandes légitimes de notre part, au nom de millions d'électeurs en Afghanistan".

"C'en est fini de leur légitimité", a-t-il martelé.

Dans de telles conditions, la colère des partisans de M. Abdullah pourrait créer des tensions, voire déboucher sur des affrontements.

Mais M. Abdullah s'est voulu rassurant jeudi en affirmant qu'il comptait rester dans la légalité et qu'il attendait de ses partisans "qu'ils respectent les lois afghanes et les intérêts nationaux".

Toutefois, il a prévenu qu'un "gouvernement illégitime ne sera pas acceptable pour les Afghans".

Une petite centaine de partisans de M. Abdullah ont manifesté, dans le calme, jeudi à Kaboul.

Par ailleurs, M. Abdullah a rejeté la responsabilité de la situation sur le président sortant Hamid Karzaï.

"La responsabilité et les conséquences de cette crise et l'impasse politique reposent sur les épaules du président (Karzaï) et de la commission électorale", a-t-il dit.

us-emp/vog

PLUS:hp