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Un pêcheur de Rio en guerre contre les pétroliers menacé de mort

18/06/2014 05:33 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Un pêcheur de la baie de Rio, Alexandre Anderson de Souza, qui défend la pêche artisanale en luttant contre les projets pétrochimiques menés par le géant pétrolier brésilien Petrobras, craint pour sa vie alors qu'il est privé d'escorte policière depuis un an.

"Le drame des menacés de mort continue", a déclaré mercredi à l'AFP ce pêcheur de 43 ans, président de l'association Hommes et Femmes (Ahomar) de la commune de Magé, à 63 km de Rio. Elle regroupe 9.000 pêcheurs de la baie de Rio, selon lui de plus en plus envahie par les terminaux d'entreprises offshore, mais qui n'est plus active depuis son départ de Magé, en novembre 2012.

A cette époque, M. de Souza, qui a échappé à plusieurs attentats, avait dû quitter Magé pour se mettre à l'abri dans le cadre d'un programme gouvernemental de protection de témoins. La condition était qu'il cesse les activités de l'association Ahomar, dont quatre pêcheurs ont déjà été tués en 2009 et 2012.

"Cela fait 588 jours que nous sommes partis de Magé avec ma femme et mes enfants. Nous avons dû déménager à plusieurs reprises, vivre dans des hôtels, et je n'ai plus d'escorte policière depuis un an", poursuit-il.

"Mardi matin très tôt, j'ai reçu un coup de téléphone d'un membre de l'équipe technique fédérale du programme de protection des droits de l'homme de la présidence de la République (PPDDH), qui m'a dit de faire mes valises et de quitter Rio avec ma famille pour aller dans l'intérieur de l'Etat, sans nous donner d'explication, et je suis inquiet", a ajouté M. de Souza, qui vit aujourd'hui à Niteroi, de l'autre côté de la baie.

"Je veux rentrer chez moi à Magé et rouvrir mon association Ahomar. Si c'était à refaire, je serais resté à Magé", dit-il.

En juillet 2012, après l'assassinat de deux pêcheurs, Amnesty International avait exorté les autorités brésiliennes à renforcer l'escorte de M. de Souza et la sécurité de sa femme Daize.

M. de Souza affirmait alors que des groupes para-policiers liés à des entreprises sous-traitantes de Petrobras étaient responsables de ces crimes.

Interrogée par l'AFP à l'époque, Petrobras avait dit "ne rien savoir des assassinats" et rejetait "toute intimidation des pêcheurs". Elle avait assuré que toutes ses activités étaient précédées d'une "étude rigoureuse des impacts" sur l'environnement et les communautés.

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