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Sécurité ferroviaire: le BST satisfait de la réaction d'Ottawa jusqu'à présent

18/06/2014 10:39 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Ottawa s'est engagé sur la bonne voie en vue d'assurer un transport plus sécuritaire des matières dangereuses par voie ferroviaire, juge le Bureau de la sécurité des transports (BST) dans son évaluation des mesures mises en place et planifiées par Transports Canada dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic.

«Globalement, le Bureau est satisfait des mesures initiales et rigoureuses prises par Transports Canada, mais il y a encore du travail à faire», a résumé mercredi Kathy Fox, membre de l'organisme indépendant.

Le BST s'est penché sur la réponse donnée par le ministère à trois recommandations qu'il avait formulées en janvier dernier dans le cadre de son enquête sur la catastrophe ferroviaire survenue il y aura bientôt un an à Lac-Mégantic.

«Si toutes ces recommandations sont mises en vigueur, ça va réduire les conséquences reliées à un déraillement», a indiqué Mme Fox, qui prendra les rênes du BST à titre de présidente en août.

Le gouvernement s'est mérité une étoile dorée — la cote maximale allouée par le BST, «entièrement satisfaisante» — en exigeant des compagnies ferroviaires qu'elles élaborent des plans d'intervention d'urgence (PIU) pour le transport d'hydrocarbures et d'éthanol à risque élevé.

Le BST applaudit par ailleurs la décision de la ministre des Transports, Lisa Raitt, qui a positionné le Canada comme «chef de file» en ordonnant le retrait immédiat de 5000 vieux modèles de wagons-citernes DOT-111 et en exigeant que tous ceux construits avant la nouvelle norme de janvier 2014 soient retirés ou modernisés d'ici trois ans.

Mais pour l'instant, les normes proposées sont celles qui ont été appliquées aux États-Unis en 2011, a fait remarquer Mme Fox. Aux yeux du BST, cela ne va donc «pas assez loin»; cette réponse d'Ottawa mérite donc la cote «en partie satisfaisante».

Le convoi pétrolier qui a déraillé et explosé au centre-ville de Lac-Mégantic était composé de wagons-citernes DOT-111. La tragédie aurait-elle pu être évitée si les normes avaient été plus strictes? Le BST se refuse à spéculer sur cette question.

«Ce qu'on peut dire, c'est que les wagons qui rencontrent des normes supérieures de fabrication ont moins de risques de briser ou de se rompre lors des déraillements, donc ça réduit le risque de déversements de produits», a plaidé Kathy Fox à l'autre bout du fil.

Ottawa devra cependant travailler un peu plus fort pour obtenir une meilleure note en ce qui a trait à la seconde recommandation du BST.

À la lumière de son investigation, l'organisme jugeait essentiel que les compagnies ferroviaires planifient avec circonspection les itinéraires des trains transportant des marchandises dangereuses de façon à ce que ceux-ci empruntent les routes les plus sécuritaires et procèdent, par le fait même, à des analyses de risques.

À court terme, Ottawa exigera que les compagnies ferroviaires transportant des marchandises dangereuses mettent en place des pratiques opérationnelles minimales, y compris des restrictions de vitesse. À plus long terme, Transports Canada exigera qu'elles formulent et présentent de nouvelles règles visant à améliorer leurs pratiques opérationnelles.

«Transports Canada a ordonné aux compagnies de le faire, mais on veut attendre que les règlements soient en vigueur avant de dire que c'est pleinement satisfaisant», a expliqué Mme Fox pour justifier la cote «intention satisfaisante» accordée au gouvernement fédéral.

On peut prendre toutes les précautions du monde, le transport de pétrole par rail ne se fera jamais véritablement sans risques, a-t-elle reconnu.

«Le but de nos recommandations, en fait, c'est de réduire le risque associé au transport de marchandises dangereuses, surtout le pétrole brut», a résumé Mme Fox.

En vertu de la loi, le gouvernement avait 90 jours pour donner suite aux recommandations du BST, ce qu'il a fait le 23 avril dernier.

D'ici le dépôt de son rapport final sur l'accident de Lac-Mégantic, il se pourrait que le Bureau émette d'autres recommandations en matière de transport ferroviaire, mais seulement si la sécurité du public est en péril.

Le BST n'a pas voulu préciser à quelle date le rapport, actuellement à l'étape de production, sera bouclé.

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