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Retraites: Couillard condamne les débordements, Moreau ne flanche pas

18/06/2014 12:59 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT
Le Huffington Post Québec

QUÉBEC - Le premier ministre Philippe Couillard a condamné, mercredi, les gestes posés la veille à Montréal par des policiers, pompiers et cols bleus.

Opposés au projet de loi 3 sur la réforme des régimes de retraite, des syndiqués en furie ont allumé un feu sur la chaussée, arrosé l'hôtel de ville et bloqué la rue Notre-Dame.

«Quels que soient les auteurs, tout acte de violence ou de destruction de propriété doit être condamné, personne n'est au-dessus de la loi. C'est d'autant plus préoccupant quand il s'agit de personnes qui sont elles-mêmes chargées de l'application des lois», a déclaré le premier ministre, en point de presse à l'Assemblée nationale.

À mots couverts, M. Couillard a critiqué la méthode forte que semble vouloir emprunter la Coalition syndicale pour la libre négociation pour défendre «les droits acquis» de ses membres.

«On ne rehausse pas son discours ou son message de cette façon, c'est clair», a-t-il dit.

Lorsqu'un reporter lui a demandé si les policiers et pompiers jouissaient d'un statut spécial les mettant à l'abri des sanctions - contrairement, par exemple, aux jeunes manifestants carrés rouges de 2012 - M. Couillard a voulu envoyer un signal sans équivoque.

«Il n'y a aucun message du gouvernement pour changer les critères d'application des lois et des règlements selon la catégorie des personnes qui posent les actes dont vous parlez. Alors, on va le rappeler, ça va passer par le ministère de la Sécurité publique, par les corps policiers qui ont à assurer la sécurité des gens pendant ces activités-là, mais il n'est pas question d'avoir ici un double standard», a-t-il assuré.

Le premier ministre a appelé les syndiqués à faire preuve de «professionnalisme» et d'exprimer leur opinion de façon «pacifique», sans porter atteinte «à la liberté des autres ou à leur propriété».

À propos des possibles sanctions, la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s'est pour sa part limitée à dire «que ça fait partie des choses qui devraient être regardées et qui peuvent se ramasser devant le Comité de déontologie (policière)».

«Les gens ont le droit de manifester (mais) il faut que les règles pour les manifestations soient les mêmes pour tous, y compris les policiers et les pompiers», a-t-elle ajouté.

De son côté, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a prévenu les syndiqués que le «braquage» contre la remise à flot des régimes de retraite «ne mène nulle part».

Plutôt que de ruer dans les brancards, la coalition syndicale serait mieux avisée d'entreprendre dès maintenant des négociations avec les municipalités concernées, a souligné le ministre.

«Ce que je trouverais malheureux, c'est que les représentants de la coalition se privent de six mois additionnels pour négocier et arriver à une entente. Je comprends qu'il y a un braquage, ça ne mène nulle part. (...) Je ne voudrais pas qu'on se retrouve à l'automne en disant: 'ben là, on n'aura pas assez de temps pour négocier'», a-t-il dit.

S'il ne rejette pas la possibilité d'améliorer le projet de loi 3, le ministre reste inflexible sur sa finalité, c'est-à-dire le partage de la facture des déficits passés des régimes de retraite.

«On est ferme sur la destination: la destination, c'est de régler les déficits passés, a-t-il dit. Il y a une question d'équité entre les générations, c'est injuste de faire supporter par les jeunes travailleurs, représentés aussi par la coalition, les déficits accumulés au bénéfice des retraités et c'est injuste de faire supporter à la population 100 pour cent des coûts des déficits.»

Quant à elle, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a invité les syndiqués à se comporter correctement, même s'ils sont en désaccord avec les visées du projet de loi.

«Il y a une façon d'exprimer ce désaccord. On s'attend à ce que les gens s'assoient et discutent de façon civilisée», a-t-elle dit.

En après-midi, le porte-parole de la Coalition pour la libre négociation, Marc Ranger, faisait la tournée des médias pour minimiser les incidents de la veille.

«Hier, 49 manifestations sur 50 ont été disciplinées et se sont parfaitement déroulées. À Montréal, il y a eu deux incidents: un petit feu alimenté avec nos casquettes syndicales et un petit d'eau sur l'hôtel de ville. Ça a duré une demi-heure. Alors je demande à tout le monde de se calmer, la ville n'était pas en feu», a-t-il fait valoir.

M. Ranger blâme plutôt le gouvernement Couillard qui a déposé un projet de loi qui, à son avis, «vole» les fonds de pension des syndiqués.

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