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Plus que jamais, ça sent la Coupe pour le Québécois Samuel Piette

18/06/2014 12:01 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pour la plupart des joueurs qui s'adonnent au ballon rond au Canada, la Coupe du monde est un événement lointain, inatteignable, virtuel presque. Mais pour le Québécois de 19 ans Samuel Piette, c'est devenu un objectif plus palpable que jamais.

Il faut dire que sa façon de voir la compétition par excellence du foot a beaucoup évolué ces dernières années.

«Il y a quatre ans, j'espérais juste me tailler une place dans l'Équipe du Québec. Mais là, je regarde ça à la télé et je me dis que je m'en approche», a souligné Piette, qui fait maintenant partie des équipes canadiennes olympique (U-23) et senior.

Piette a d'autant plus ce sentiment que Ben Halloran, un Australien avec qui il s'est lié d'amitié pendant que les deux jouaient au sein de l'équipe-réserve du Fortuna Düsseldorf en Allemagne, se trouve présentement au Brésil. Halloran, un attaquant de 22 ans, a gagné sa place au sein de la sélection australienne juste à temps pour le Mondial.

«Je le vois avec l'Australie et je me dis que j'ai joué avec lui chaque jour à l'entraînement, qu'on a pas mal le même niveau. C'est sûr que je pense à la prochaine», a dit Piette en faisant allusion à la Coupe du monde de 2018, qui aura lieu en Russie.

Le Canada n'a participé qu'une seule fois à la phase finale de la Coupe du monde. C'était en 1986, huit ans avant la naissance de Piette. La sélection canadienne senior est présentement en reconstruction et le jeune milieu de terrain semble faire partie des plans de l'entraîneur-chef Benito Floro, un Espagnol qui a été embauché en juillet 2013.

«Pour l'instant, des gars comme Julian de Guzman et Atiba Hutchinson ont encore du jus dans les jambes, alors c'est sûr que (Floro) ne va pas me faire jouer à leur place. Mais je vois que je fais partie des plans, a dit Piette, qui a disputé huit matchs avec l'équipe nationale senior depuis le 29 février 2012, obtenant trois départs. Il me reste beaucoup de temps, tandis qu'il en reste moins à des vétérans comme Julian et Atiba...

«(Floro) commence donc à me préparer à prendre la relève. Il a déjà un plan pour moi, et c'est plaisant de savoir ça.»

Les chances de la sélection canadienne de se qualifier pour le Mondial russe vont commencer à se préciser dans les prochains mois. Depuis son arrivée en poste, Floro s'est contenté de rappeler différents joueurs et d'observer ce que ceux-ci peuvent lui donner. Le temps des expériences s'est toutefois terminé lors du récent camp en Autriche, tenu au mois de mai. Le sélectionneur va maintenant penser en fonction de la Gold Cup, qui aura lieu en 2015, et des prochaines qualifications pour la Coupe du monde.

«Là, il va commencer à bâtir son équipe, a souligné Piette. D'après moi, il va se mettre à rappeler pas mal les mêmes joueurs, au lieu de rappeler des joueurs différents et toujours recommencer à zéro.»

Floro a quand même cherché à mettre son empreinte sur la sélection dès son arrivée, a noté Piette.

«Il a tout de suite commencé à nous dire comment il voulait qu'on prenne les corners, les phases de jeu arrêtées, des choses comme ça... Et tactiquement, il veut qu'on soit une équipe qui contrôle plus le ballon, a expliqué le Québécois originaire de Le Gardeur. Il ne veut pas que les défenseurs dégagent automatiquement le ballon vers les attaquants. Il veut qu'on construise de l'arrière. Et il veut qu'on apprenne à prendre certains risques, pour qu'on ne soit pas intimidé quand vient le temps d'en prendre.»

Redresser l'équipe canadienne à temps pour les qualifications du Mondial de 2018 ne sera pas une mince tâche. Ni même pour celle de 2022, selon bien des observateurs. Mais si le Canada devait obtenir l'organisation de la Coupe du monde de 2026 — Soccer Canada prévoit présenter sa candidature au moment opportun —, alors la sélection canadienne y prendrait part à titre d'équipe-hôte.

La porte du Mondial s'ouvrirait alors toute grande pour Piette, qui n'aurait alors que 31 ans.

«(De Guzman) a 33 ans et il est encore en forme, alors quand j'aurai 31 ans, je ne serai pas trop vieux. Ça dépend de bien des choses, a affirmé celui qui se cherche présentement un nouveau club en Europe. On se croise les doigts.»

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