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Mondial-2014 - Le miracle n'a pas eu lieu: à Madrid, les supporteurs au désespoir

18/06/2014 08:23 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Désespérés, le supporteurs espagnols cherchaient à comprendre et faisaient déjà le procès de la Roja, mercredi soir après l'humiliante défaite face au Chili (2-0) de l'équipe nationale, championne du monde, qui provoque son élimination du Mondial.

"Ce que je ressens, de la tristesse. Mais c'est normal. Ils n'ont pas joué du tout. Ils étaient fatigués", lançait Joaquin Lamas, un vendeur de 34 ans, le visage peint aux couleurs de la "Roja", qui s'était préparé pour la victoire, parmi un groupe d'une dizaine de supporteurs rassemblés autour d'une télévision dans un bar du centre de Madrid.

Pourtant il avouait avoir compris, dès la cinquième minute, "que l'Espagne n'allait arriver à rien". "C'est mauvais, mauvais", répétait-il, "trop triste pour parler".

Une fois absorbé le choc de la défaite cinglante face aux Pays-Bas (5-1), les supporteurs s'étaient pris à y croire à nouveau avant la rencontre face au Chili au stade Maracana de Rio.

Les bars de Madrid s'étaient remplis au moment où la ville, pavoisée de drapeaux rouges et or, parée de milliers de bouquets de fleurs, s'apprête à fêter jeudi l'avènement de Felipe VI, le nouveau roi d'Espagne qui succède à son père Juan Carlos après son abdication.

Mais dès la fin de la première mi-temps, une fois encaissés les deux buts chiliens signés Vargas et Aranguiz, le doute s'est installé. "Ou nous nous mettons à pleurer ou nous animons le match", lance le serveur d'un bar du Paseo de Recoletos, une grande avenue du centre de Madrid.

Certains déjà ont bien besoin de réconfort. "Quelle tristesse, quelle tristesse", marmonne un homme qui aligne les bières sur le comptoir.

Pendant ce temps, sur la chaîne de télévision Telecinco, un commentateur amer constatait déjà la défaite. "Le jour où a abdiqué Sa Majesté le roi, l'Espagne est sur le point d'abdiquer".

- 'Vivre dans le souvenir' -

Dès le coup de sifflet signal, l'accablante défaite a relégué en seconde position, à les Unes des journaux en ligne, l'abdication du roi et la prestation de serment annoncée de Felipe.

"Fracassés!": en énormes lettres le titre barrait la Une du journal sportif Marca, qui évoquait le "triste adieu de la championne du monde".

"L'Espagne est une nouvelle fois tombée en offrant une très triste image après avoir été dominée par une sélection chilienne qui s'est à peine forcée. Vargas et Aranguiz durant la première mi-temps ont montré les carences d'une sélection qui demande à cor et à cris une relève des générations", résumait le journal.

Même tonalité pour le quotidien AS, sous le titre "Un coup de Maracana et adieu au Mondial". "Vargas et Aranguiz ont marqué de leur signature le drame espagnol. Le débat s'ouvre sur la fin d'un cycle et la succession".

"L'Espagne hors du Mondial après avoir chuté face au Chili", annonçait plus sobrement El Pais.

Juste en-dessous, le journal consacrait une large page à l'abdication du roi Juan Carlos et l'avènement de Felipe VI, sous le titre "La fin d'un règne".

Mais pour les supporteurs, seule la défaite comptait. "Je suis très déçu. Nous attendions autre chose, un meilleur jeu, une meilleure attitude", confiait Angel Matia, un publicitaire de 34 ans, qui avouait cependant: "La bière et l'anisette rendent la défaite un peu moins amère".

"C'est lamentable ce qu'a réalisé l'Espagne. Tous les pays ont renouvelé leurs équipes, et voilà, on a ce qu'on mérite", lançait, plus véhément, Pablo Aramillo, un serveur de 35 ans, aux portes du stade Santiago Bernabeu où le match était retransmis sur écran.

"On ne peut pas vivre dans le souvenir. Il faut prendre des joueurs qui ont réussi leur saison et pas des joueurs qui sont célèbres et qui ont réussi par le passé", s'insurgeait aussi, sans concessions, Celia Merinos, une étudiante de 18 ans.

"Si tu ne travailles pas, tu ne devrais pas être sélectionné. Il faut sélectionner les meilleurs, qu'ils soient célèbres ou non".

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