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Mali: l'ONU veut un dialogue immédiat entre Bamako et les groupes armés

18/06/2014 12:04 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

"Le statu quo ne peut pas durer" au Mali et il faut que les pourparlers entre Bamako et les groupes armés du Nord s'engagent immédiatement, a affirmé mercredi le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

"C'est maintenant qu'il faut entamer des négociations de paix", a martelé M. Ladsous devant le Conseil de sécurité qui examinait le renouvellement du mandat de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).

Depuis l'accord de Ouagadougou de juin 2013 entre le gouvernement malien et les rebelles touareg, a déploré M. Ladsous, "le gouvernement et les groupes armés ont fait peu de progrès vers un dialogue réel et substantiel".

L'Algérie, qui fait office de médiateur dans ce conflit, a estimé lundi que les mouvements armés du nord du Mali étaient prêts à dialoguer avec Bamako, mais ce dialogue ne s'est toujours pas concrétisé malgré les déclarations d'intention de part et d'autre.

Devant le Conseil, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a réaffirmé que Bamako avait "choisi la paix" malgré les combats meurtriers de la mi-mai à Kidal (nord) entre forces maliennes et des groupes armés touareg.

"Le gouvernement du Mali demeure plus que jamais animé par le souci constant de réconcilier les Maliens", a-t-il dit. "Le Mali est disposé à envisager (...) tout mécanisme de sortie de crise efficace".

Evoquant la Minusma, dont le mandat doit être renouvelé à la fin juin, M. Ladsous a confirmé devant le Conseil l'intention de l'ONU de déployer des drones de surveillance au Mali "afin de renforcer les capacités de reconnaissance de la Minusma et de lui permettre de protéger les civils et son personnel".

Tout en saluant l'arrivée sur le terrain d'hélicoptères de combat, il a exhorté les Etats membres qui ont promis de fournir des ressources supplémentaires à la Minusma à le faire "le plus vite possible".

Selon M. Ladsous, la Minusma doit atteindre fin juin 77% de son effectif militaire total et 83% de son effectif policier. L'effectif maximal autorisé de la mission est de 12.640 hommes, dont 11.200 soldats et 1.440 policiers.

Tous les contingents prévus ont été fournis par les pays contributeurs mais "leur déploiement effectif continue d'avoir du retard", a-t-il précisé.

Le ministre malien a demandé que, dans le cadre du renouvellement de son mandat, la Minusma soit déployée autour des villages et des campements touareg du Nord, et pas seulement dans les grandes villes, et qu'elle forme des patrouilles mixtes avec l'armée malienne.

Le représentant spécial de l'ONU au Mali Bert Koenders a estimé qu'il faudrait "avoir le soutien des pays contributeurs de troupes" pour que les Casques bleus puissent patrouiller dans le Nord en dehors de Gao, Tombouctou et Kidal.

Il a aussi jugé que le déploiement de drones au Mali "peut se faire dans le cadre du mandat" actuel de la Minusma, sans autorisation formelle du Conseil.

avz/are

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