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Les avocats chinois mis en garde sur "leur comportement en ligne" (médias)

18/06/2014 03:02 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

La principale fédération d'avocats en Chine, affiliée au gouvernement, a mis en garde ses membres contre tout comportement jugé "inapproprié" sur l'internet, provoquant des réactions indignées dans la profession, ont rapporté mercredi des médias officiels chinois.

"La Fédération des avocats chinois (Acla) pourrait commencer à sanctionner les avocats ayant eu des comportements inappropriés en ligne", en particulier la communication de documents liés à une affaire judiciaire avant que le verdict ait été prononcé, a rapporté mercredi le journal Global Times.

Parmi les autres "violations" pouvant être sanctionnées, figure "la diffusion de commentaires inappropriées sur des dossiers ou des procès, susceptibles de faire obstruction à la justice, de ternir le système judiciaire chinois ou de porter atteinte à la réputation des justiciables", a-t-il poursuivi, citant une proposition de règlement de l'organisation professionnelle.

Cet avertissement a suscité une vague de réactions très vives parmi les avocats, dont beaucoup ont exprimé leur désaccord aux responsables de l'organisation, faisant valoir que leurs commentaires sur les réseaux sociaux devaient "être régulés par la loi plutôt que par la Fédération, dont la mission devrait être au contraire de défendre les droits des avocats plutôt que de les restreindre", a poursuivi le Global Times.

Ce projet intervient alors que les autorités chinoises ont nettement durci ces derniers mois leur contrôle de l'internet, en particulier sur les réseaux sociaux où de nombreux avocats et juristes commentent volontiers les affaires criminelles et les faits divers.

En août 2013, pour la première fois, un tribunal avait publié sur son compte de microblogs, en différé, les compte-rendus d'audience -- soigneusement édités -- du procès pour corruption d'un haut dirigeant chinois, Bo Xilai.

Alors que le système judiciaire et les verdicts des procès restent étroitement soumis au pouvoir politique, les autorités répriment sévèrement parmi les avocats les voix dissidentes ou trop critiques du régime.

Elles ont formellement placé en détention la semaine dernière Pu Zhiqiang, un avocat défenseur des droits de l'homme, interpellé peu après un séminaire dédié à la mémoire de l'écrasement meurtrier du mouvement étudiant de la place Tiananmen il y a 25 ans.

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