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Le Sri Lanka s'oppose à une enquête de l'ONU sur la guerre civile

18/06/2014 05:43 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

COLOMBO, Sri Lanka - Le Parlement sri-lankais a rejeté mercredi la tenue d'une enquête du Haut-Commissariat de l'ONU pour les droits de l'Homme sur de présumés crimes commis pendant la guerre civile qui a pris fin il y a cinq ans.

Des députés de la coalition au pouvoir ont voté à très forte majorité en faveur d'une motion indiquant qu'une telle enquête «ne devrait pas être menée car cela nuit au processus de réconciliation et de paix, et qu'il contrevient à la souveraineté et à la dignité du Sri Lanka».

Cette motion a été adoptée par 144 voix, sur 225 sièges au Parlement.

L'enquête du Haut-Commissariat pour les droits de l'Homme survient après l'approbation en mars, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, d'une résolution appuyée par les États-Unis. Le refus du Sri-Lanka n'a d'ailleurs pas d'incidence directe sur les procédures.

L'armée sri-lankaise a vaincu les Tigres tamouls en mai 2009, mettant fin à une longue guerre civile. De lourdes pertes chez les civils et des allégations de graves violations des droits de la personne, particulièrement dans les derniers mois des combats, ont suscité la colère de la communauté internationale, des gouvernements étrangers et des groupes de défense des droits réclamant une enquête sur les allégations de violences et les problèmes de transparence pendant le conflit.

Les rebelles tamouls luttaient pour la création d'un État indépendant pour leur minorité ethnique.

Selon les estimations initiales de l'ONU, de 80 000 à 100 000 personnes ont perdu la vie lors du conflit. Un rapport onusien ultérieur a précisé que jusqu'à 40 000 civils tamouls avaient été tués, et ce uniquement au cours des derniers mois des combats. Le gouvernement conteste ces chiffres.

Le ministre sri-lankais des Affaires étrangères, Gamini Lakshman Peiris, avait déclaré plus tôt que le gouvernement ne coopérerait pas avec l'enquête de l'organisation internationale.

Un parti tamoul a voté contre la motion. L'un des deux principaux partis d'opposition, qui recueillent tous deux leurs appuis au sein de l'ethnie majoritaire, s'est abstenu de voter, tandis que l'autre était absent au moment du vote. Ces partis ont souligné l'importance de disposer d'un mécanisme local crédible pour enquêter sur les allégations.

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