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Irak: le sectarisme des dirigeants a contribué à l'avancée des jihadistes (général américain)

18/06/2014 04:52 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Les militants islamistes ont rapidement mis l'armée irakienne en déroute dans le nord car le gouvernement irakien, dirigé par des chiites, a suivi une politique qui a marginalisé les sunnites, a estimé mercredi le plus haut gradé américain.

Le général Martin Dempsey, chef d'état-major interarmées, a confirmé que Bagdad avait sollicité une aide aérienne auprès des Américains afin de repousser les extrémistes sunnites. Mais il a estimé que le pouvoir politique en Irak avait planté les germes de la crise à laquelle il fait face aujourd'hui.

"Il n'y avait pas grand chose à faire qui aurait permis d'oublier à quel point le gouvernement d'Irak a négligé les siens. C'est ce qui est à l'origine du problème actuel", a déclaré le général Dempsey à des élus du Congrès, interrogé pour savoir si les Etats-Unis auraient pu empêcher l'avancée des militants sunnites.

Selon lui, les responsables américains ont à plusieurs reprises mis en garde les dirigeants irakiens quant aux risques qu'ils encouraient à mener une politique excluant certaines communautés religieuses. Mais leurs avis ont été complètement ignorés, a-t-il déploré.

En outre, dans les récents combats dans le nord du pays, des militants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ont "retourné" certains officiers de l'armée irakienne.

En "l'absence" de gradés, "les soldats ne vont pas rester là à attendre de voir ce qui va se passer", a-t-il ajouté.

Le général Dempsey a également indiqué aux élus que les responsables militaires américains étaient en train de "travailler pour proposer différentes options" à Barack Obama. Mais il a aussi précisé qu'il y avait besoin de davantage de renseignements étant donnée la rapidité des mouvements sur le terrain.

"Ce n'est pas aussi facile que de regarder une vidéo d'un convoi sur un iPhone et d'immédiatement attaquer", a-t-il souligné, donnant l'exemple d'une base militaire près de Mossoul qui a changé de mains deux fois en 36 heures.

Au cours de la même audition, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a lui aussi noté que le gouvernement de Bagdad n'avait pas suivi ses promesses de forger une réelle coopération avec les dirigeants sunnites et kurdes.

L'Arabie saoudite a elle aussi ouvertement accusé lundi le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, un chiite, d'avoir conduit l'Irak au bord du gouffre par sa politique d'exclusion des sunnites et réclamé la formation d'un gouvernement d'entente nationale.

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