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France: les autorités appellent les migrants de Calais à sortir de leur "impasse"

18/06/2014 08:55 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

Le préfet du Pas-de-Calais (nord) a appelé mercredi les quelque 900 migrants massés à Calais et dans ses environs dans l'espoir de pouvoir passer en Angleterre à sortir de cette "impasse" en acceptant de demander l'asile et un hébergement d'urgence en France.

"Les migrants à Calais sont aujourd'hui dans une impasse géographique et juridique. Le gouvernement britannique ne les laissera pas violer la loi et contourner nos dispositifs et les migrants ne sollicitent pas les dispositifs proposés sur le territoire français", a déclaré le préfet Denis Robin, lors d'un point presse à la préfecture d'Arras.

"Le gouvernement français est prêt à tendre la main, à faire un effort national", en mettant en place "un dispositif un peu exceptionnel", a poursuivi M. Robin, à l'issue d'une réunion avec des associations de soutien aux migrants.

Il a assuré que "les demandes d'asile seront traitées en urgence" par l'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides), et que des places d'hébergement d'urgence "sur le territoire national" seront proposées à ceux qui en feront la demande.

Cette "main tendue" est "la seule réponse, la solution qui va leur permettre de sortir de cette impasse", a martelé le préfet.

Le 28 mai, plusieurs centaines de migrants avaient été évacués par les forces de l'ordre de la zone portuaire de Calais, officiellement pour des raisons sanitaires, certains d'entre eux souffrant de la gale. Depuis, selon le préfet, leur nombre a grossi dans la zone, passant de 150 à 250, et "entre 900 et 950" en comptant les environs de Calais.

Une trentaine d'entre eux ont entamé une grève de la faim le 11 juin pour demander de meilleures conditions d'accueil et un dialogue avec les autorités françaises et britanniques. Dans un communiqué transmis avant la réunion avec le préfet, ils ont menacé de poursuivre leur jeûne, voire de "s'immoler par le feu" s'ils n'obtenaient pas satisfaction.

"Les migrants en situation irrégulière, occupant illégalement des terrains, n'ont pas à imposer leurs conditions", a répondu le préfet.

Depuis le début de l'année, les autorités du port de Calais ont intercepté quelque 3.000 clandestins, contre 300 à la même période en 2013. Passés par l'Italie, la Grèce, la Bulgarie ou l'Espagne, les principales portes d'entrée dans l'Union européenne, la plupart ne souhaitent pas rester en France, préférant gagner l'Angleterre perçue comme un "Eldorado". Au moins sept d'entre eux sont morts en tentant la traversée, selon l'association Passeurs d'hospitalités.

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