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France: la réforme du rail aux mains des députés après huit jours de grève

18/06/2014 05:10 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

La grève des cheminots français se poursuivait mercredi pour le huitième jour consécutif contre le projet gouvernemental de réforme ferroviaire, dont l'examen depuis mardi par le Parlement pourrait cependant ouvrir une issue au conflit.

Certains amendements proposés par les députés devraient en effet apaiser les inquiétudes des syndicats sur le sort de l'un des principaux services publics français, comme l'a reconnu mercredi matin le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon.

"Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l'heure qu'il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de force qui s'est instauré", a déclaré M. Lepaon à la radio France Inter.

La grève à la SNCF lancée le 10 juin au soir par deux syndicats, la CGT-Cheminots et Sud-Rail, engendrait toujours des perturbations, moins importantes cependant que les jours précédents, selon la direction. Sept trains sur dix étaient prévus sur les grandes lignes.

Le taux global de grévistes était de 11,8% pour l'ensemble du personnel mercredi matin, en baisse de 2,2 points par rapport à la veille et de 16 points depuis le début du mouvement. La SNCF a dit observer "une décroissance" du mouvement "chez les conducteurs et contrôleurs", où le mouvement est le plus fortement suivi depuis le début.

A l'ouverture des débats à l'Assemblée nationale, le secrétaire d'Etat socialiste aux Transports Frédéric Cuvillier a appelé tous les députés à soutenir sa réforme pour "sauver et assurer financièrement la pérennité de ce qui est pour nous un modèle de service public ferroviaire national".

La réforme vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire (44 milliards d'euros) et à préparer son ouverture totale à la concurrence. Le projet prévoit de regrouper dans une holding publique la SNCF (trains) et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.

Une "réunification de façade" qui ne résout pas l'endettement, estiment la CGT et SUD-Rail, qui représentent plus de 52% des voix des salariés.

Cette réforme est "indispensable", a redit le Premier ministre Manuel Valls devant les députés, le gouvernement "est ferme et déterminé à faire en sorte que cette réforme puisse aboutir".

Face à ce premier conflit d'envergure depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir en mai 2012, le gouvernement et le président François Hollande ont affiché leur fermeté face aux cheminots.

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