POLITIQUE

Intimidation: la société a beaucoup évolué, croit Jasmin Roy

18/06/2014 01:44 EDT | Actualisé 18/06/2014 01:53 EDT
Jasmin Roy

QUÉBEC - En croisade contre l'intimidation depuis quatre ans, Jasmin Roy s'est réjoui de l'annonce d'un forum sur la question l'automne prochain. L'acteur note également que les mentalités sur l'intimidation évoluent rapidement au Québec.

«Quand j'ai commencé à aller dans les écoles il y a quatre ans, les jeunes étaient incapables de me donner une définition de l'intimidation, raconte Jasmin Roy. Aujourd'hui, ils sont capables de me la donner d'emblée.» Le fondateur de la Fondation Jasmin Roy était l'invité du premier ministre Philippe Couillard mercredi matin, lors de l'annonce d'un Forum sur l'intimidation le 2 octobre prochain.

Jasmin Roy estime que les Québécois ont parcouru beaucoup de chemin depuis quatre ans. «Il s'est passé un peu la même chose que dans les années 1960 face à la violence conjugale et la violence faite aux enfants, dit-il. ll y a eu une conscientisation sociale face à ce phénomène.»

Outre son propre travail de sensibilisation, Jasmin Roy note que le suicide de la jeune Marjorie Raymond en novembre 2011 a créé une «onde de choc» au Québec. L'adolescente de Sainte-Anne-des-Monts était victime d'intimidation, bien que d'autres facteurs ont pu contribuer à son suicide, notait le coroner. Plusieurs autres suicides de jeunes filles intimidées sur les réseaux sociaux ont depuis fait la manchette.

«Je le sens dans la population, on veut que ça change, note Jasmin Roy. Je sens même cette volonté chez les enseignants et les intervenants.»

En avril dernier, une étude par la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence à l'école de l'Université Laval notait que 80% des enseignants ne se sentent pas formés pour répondre à la violence en milieu scolaire. Chez les élèves, 23% d'entre eux disaient avoir été frappés à plusieurs reprises par des camarades au cours de l'année scolaire.

Pour Jasmin Roy, la réponse passe par une meilleure formation et un encadrement des interventions. Il propose notamment de nommer un responsable de la lutte à l'intimidation dans chaque école. «Il faudrait faire des grandes formations à travers le Québec pour s'assurer que la formation est adéquate», ajoute-t-il. Les enseignants et les intervenants devraient également être dotés d'outils pédagogiques, croit-il.

Si les enfants sont aujourd'hui mieux sensibilisés, beaucoup de travail reste à faire du côté des adultes. «Il y a encore beaucoup de parents qui poussent leurs enfants à se battre dans la cour d'école [en réponse à un intimidateur] parce qu'ils sont encore dans l'ancienne culture», dit Jasmin Roy.

Il ajoute que l'enfant intimidé devrait plutôt demander l'intervention d'un adulte responsable. «Il y a encore toute une éducation à faire auprès de la population», note Jasmin Roy.

Le Forum sur l'intimidation, présidé par le premier ministre, aura lieu le 2 octobre prochain à Québec. D'ici là, les citoyens seront invités à participer à une consultation en ligne. On peut déjà consulter une section du site Web du ministère de l'Éducation pour obtenir des ressources pour les victimes d'intimidation.

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