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Birmanie: l'ONU juge "révoltantes" les conditions de vie des Rohingyas

18/06/2014 07:36 EDT | Actualisé 18/08/2014 05:12 EDT

L'ONU a tiré mercredi la sonnette d'alarme sur les conditions de vie "révoltantes" de la minorité musulmane apatride des Rohingyas vivant dans des camps de déplacés en Birmanie.

"En Etat Rakhine, j'ai été témoin d'un niveau de souffrance humaine dans des camps (de déplacés) que je n'avais personnellement jamais vues avant", a dit dans un communiqué Kyung-Wha Kang, sous-secrétaire générale aux affaires humanitaires.

"Avec des hommes, des femmes et des enfants vivant dans des conditions révoltantes", a ajouté la diplomate sud-coréenne, une semaine après sa visite dans l'ouest de la Birmanie où vivent ces Rohingyas, considérés par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde.

Elle a notamment évoqué de "graves restrictions à leur liberté de mouvement" et "un accès totalement inadéquat à des services basiques, dont l'accès aux soins ou à l'éducation".

L'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, a été secoué depuis 2012 par des violences confessionnelles meurtrières entre bouddhistes de la minorité ethnique rakhine et musulmans Rohingyas.

Sur les quelque 800.000 Rohingyas vivant dans l'Etat Rakhine, quelque 140.000 sont depuis coincés dans des camps.

Privés de nationalité par l'ancienne junte birmane, ils sont considérés par les autorités comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin.

La pénurie d'eau et de soins médicaux dont ils souffrent s'inscrit dans une longue série de persécutions "pouvant s'apparenter à des crimes contre l'humanité", avait dénoncé en avril le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'Homme en Birmanie, Tomas Ojea Quintana.

En mars, des foules bouddhistes s'en étaient prise à des représentations de l'ONU et d'ONG humanitaires, les accusant de soutenir les musulmans, les contraignant à retirer leur personnel. L'ONG Médecins sans Frontières a été expulsé de l'Etat Rakhine, où elle soignait des centaines de milliers de Rohingyas.

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