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Australie: de nombreux jeunes victimes de violences et d'abus sexuels sur une base navale (enquête)

18/06/2014 02:47 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Des centaines de garçons adolescents ont été victimes de violences et de sévices sexuels pendant des décennies au sein d'une base navale militaire australienne, a indiqué mercredi une commission d'enquête, très critique envers l'armée qu'elle accuse de ne pas avoir réagi.

Selon le groupe d'enquête sur les sévices au sein de l'armée, les maltraitances qui se sont déroulées entre 1960 et 1984 sur la base HMAS Leeuwin (ouest), aujourd'hui fermée, étaient "bien plus graves et répandues" que ce que l'on pensait précédemment.

"Les abus à HMAS Leeuwin étaient tels que l'armée devait forcément ou aurait dû connaître l'existence de ces maltraitances, mais elle n'a pas pris les mesures appropriées" pour y mettre fin, a déclaré le dirigeant de ce groupe d'enquête, Len Roberts-Smith, un juge à la retraite.

Le gouvernement australien a mis en place en 2012 une enquête nationale sur les abus au sein de l'armée, après plusieurs affaires de violences et d'abus sexuels, d'où ressortait notamment la réticence des forces militaires à punir les coupables.

Pendant ses travaux, l'enquête nationale a reçu des milliers de plaintes et de témoignages, poussant le gouvernement à présenter ses excuses devant le Parlement.

Les maltraitances à HMAS Leeuwin, en Australie occidentale, font l'objet d'une enquête distincte en raison de l'envergure de l'affaire. La commission d'enquête a reçu plus de 200 plaintes de la part de jeunes recrues dont certaines étaient âgées de 15 ans à l'époque des faits.

Les témoignages rapportent de multiples actes de violences et d'agressions, y compris des viols, et de "cérémonies d'initiation" conduites sous la houlette de responsables de la Marine.

Des plaignants racontent avoir été déshabillés et frottés avec des buissons d'épines jusqu'à ce qu'ils saignent, ou battus jusqu'à souffrir de factures.

D'autres disent avoir été violés avec des manches à balai ou s'être vu appliquer des bouches d'aspirateur sur les parties génitales.

"Je vivais avec la peur d'être frappé, violé ou agressé. J'étais tout le temps terrorisé", a relaté une ancienne recrue.

Beaucoup ont confié au groupe d'enquête que leur expérience dans cette base avait détruit leur vie. Certains affirment qu'une partie des agresseurs font toujours partie de la Marine.

L'ancien juge, Len Roberts-Smith, a pointé du doigt les défaillances de l'armée. Elle aurait dû "s'assurer que HMAS Leeuwin était un établissement qui permettait et encourageait le soin et la protection de ces jeunes, et non un endroit où ils pouvaient être maltraités", a-t-il déclaré.

"Mais elle n'a pas rempli ses responsabilités, dans de nombreux cas".

"Il est inutile de préciser que des abus tels n'auraient jamais dû se produire et n'ont aucunement leur place au sein des forces armées australiennes", a déclaré le chef de ces forces, David Hurley.

Le gouvernement et l'armée travaillent sur de nouvelles lignes de conduite en matière de recrutement et de réponses à donner aux plaintes des victimes d'abus.

Pour le chef de la Marine australienne, le vice-amiral Ray Griggs, l'armée d'aujourd'hui est une organisation totalement différente. "Je vous assure que de tels comportements ne sont pas tolérés et font l'objet d'une réponse rapide dans la Marine d'aujourd'hui", a-t-il affirmé.

Etant donné que plusieurs des victimes étaient mineures à l'époque des faits, les conclusions de cette enquête seront remises à la commission royale australienne qui travaille sur les cas de pédophilie recensés dans plusieurs couches de la société, et notamment l'Eglise catholique.

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