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Abbas accuse les ravisseurs des 3 Israéliens de vouloir "détruire" les Palestiniens

18/06/2014 04:57 EDT | Actualisé 17/08/2014 05:12 EDT

Le président palestinien Mahmoud Abbas a accusé mercredi les responsables de l'enlèvement de trois jeunes Israéliens, imputé par Israël au mouvement islamiste Hamas, de vouloir "détruire les Palestiniens".

"Celui qui a enlevé les trois jeunes Israéliens cherche à nous détruire et on va lui demander des comptes", a déclaré M. Abbas à l'ouverture à Jeddah, en Arabie saoudite, d'une réunion de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé le Hamas --qui contrôle sur le plan sécuritaire la bande de Gaza-- d'avoir enlevé le 12 juin les trois étudiants israéliens près d'un bloc de colonies de Cisjordanie, et répété qu'il tenait M. Abbas pour "responsable de toute attaque émanant d'un territoire sous contrôle palestinien".

L'Autorité palestinienne de M. Abbas administre les secteurs autonomes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël et où habitent quelque 375.000 colons dans les implantations israéliennes.

Mais l'enlèvement s'est produit près du Gush Etzion, dans une zone entièrement sous contrôle civil et militaire israélien.

Israël a poursuivi mercredi son coup de filet contre les activistes du Hamas en Cisjordanie au sixième jour de son opération "Gardien de nos frères" visant à retrouver les trois Israéliens. Au total, 240 Palestiniens ont déjà été arrêtés, dont 65 dans la nuit de mardi à mercredi.

Parmi les 65, "figurent 51 ayant fait partie de l'échange Gilad Shalit", a annoncé l'armée israélienne, en allusion au soldat israélien qui avait été libéré en 2011 en échange de 1.027 prisonniers palestiniens, après avoir été enlevé en 2006 et détenu par le Hamas à Gaza.

M. Abbas avait déjà condamné lundi l'enlèvement des trois Israéliens ainsi que les "violations israéliennes qui ont suivi".

Par ailleurs, le président palestinien s'est engagé à ne pas recourir aux armes contre les Israéliens. "Il est dans notre intérêt d'avoir une coordination en matière de sécurité avec Israël car cela nous protège".

"Je le dis franchement, nous n'aurons jamais une autre Intifada (soulèvement) qui pourrait nous détruire", a-t-il insisté alors que le processus de paix israélo-palestinien est au point mort.

Il a dans ce contexte défendu un règlement "politique" du conflit. "Nous ne pouvons pas affronter Israël militairement, mais politiquement", a-t-il dit.

"Nous n'allons pas recourir aux armes et c'est un choix. Nous allons affronter Israël en nous adressant aux tribunes internationales, et cela est plus efficace", a-t-il ajouté.

Il a enfin appelé les pays arabes et islamiques à soutenir les habitants de Jérusalem dans leur résistance à "la judaïsation" de la ville sainte par Israël. "Al-Qods (Jérusalem) est en danger", a-t-il mis en garde.

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