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Tapis rouge de «Le vrai du faux» : les hommes et leurs angoisses (VIDÉO/PHOTOS)

17/06/2014 03:06 EDT | Actualisé 17/06/2014 03:19 EDT

Toute l’équipe du film Le vrai du faux était rassemblée à la Place des Arts, lundi, pour présenter en première montréalaise cette comédie dramatique qui pourrait bien être l’un des succès de l’été au box-office québécois.

Nouvelle offrande d’Émile Gaudreault, l’homme derrière De père en flic et Le sens de l’humour, Le vrai du faux s’appuie sur une distribution de haut calibre comprenant notamment Stéphane Rousseau, Mathieu Quesnel, Guylaine Tremblay, Normand D’Amour, Julie Le Breton et Marie-Ève Milot, et prendra l’affiche le 9 juillet prochain.

Le vrai du faux raconte l’histoire d’un réalisateur très populaire, un peu imbu de lui-même, Marco Valois (Stéphane Rousseau) qui, sur un coup de tête, décide de concocter un long-métrage «sérieux» et «profond» pour plaire aux critiques et à l’intelligentsia. Il posera son objectif sur Éric Lebel (Mathieu Quesnel), un jeune soldat tout juste débarqué d’Afghanistan aux prises avec un choc post-traumatique. Manipulateur, Marco poussera allègrement Éric à exorciser les démons de son expérience au front pour faire avancer l’intrigue de son film, entraînant dans l’engrenage l’ex-petite amie d’Éric (Marie-Ève Milot), sa psychologue (Julie Le Breton) et ses parents (Normand D’Amour et Guylaine Tremblay).

À l’origine, la trame du Vrai du faux s’inspire de la pièce Au Champ de Mars, de Pierre-Michel Tremblay, présentée au Théâtre La Licorne en 2010 et au Théâtre du Rideau Vert en 2011. Les personnages du cinéaste et du militaire faisaient partie de cette œuvre chorale, qui a séduit Émile Gaudreault à première vue. Le créateur a rapidement imaginé la relation qui pourrait découler de la rencontre entre ces deux êtres.

«J’ai tout de suite vu qu’il y avait un film là-dedans, explique Émile Gaudreault. On a donc écrit le scénario ensemble, Pierre-Michel et moi, et d’autres personnages se sont peu à peu greffés à l’histoire.»

Bien qu’on pourrait tracer le parallèle entre le protagoniste principal du Vrai du faux et Gaudreault lui-même – tous deux sont réalisateurs et ont provoqué des retombées enviables aux guichets -, ce dernier affirme qu’il ne s’est pas basé sur sa propre vie pour donner corps à l’action du Vrai du faux.

«J’ai été chanceux car, en général, mes films ont été bien reçus par les critiques, remarque-t-il. J’en suis très content. Mais, quand je travaille un scénario, c’est l’histoire qui m’inspire ce que je dois dire et, à partir de là, les réflexions émergent, et non l’inverse. Les éléments extérieurs se greffent à l’histoire, mais je ne cherche pas l’histoire à partir des éléments extérieurs.»

Notons qu’au début du tournage, Le vrai du faux devait s’intituler Furie, mais le titre a changé puisqu’un film américain portant sur la Deuxième Guerre mondiale et mettant en vedette Brad Pitt, aussi baptisé Furie, sortira en salles à l’automne.

Matière à réflexion

Pour Stéphane Rousseau, Le vrai du faux est une fiction où «tout le monde ne va pas bien», mais se retrouve dans des situations qui feront beaucoup rire le spectateur. «Nos drames deviennent comiques quand on n’est pas coincés dedans», assure-t-il. Son Marco Valois, à lui seul, pourrait susciter des mises au point chez ceux qui ne carburent qu’au boulot.

«Il est un peu fendant, workaholic, centré sur lui-même, lance le comédien et humoriste. Il est un peu borderline; il devrait s’arrêter, mais il ne le fait pas. Il spinne tout le temps! Il est sur le bord de faire un burn-out, mais il refuse de faire face à la musique. En voulant réorienter sa carrière, il va entraîner le soldat dans son délire, ainsi que la famille de ce dernier, son ex-blonde et sa psy.»

Mathieu Quesnel, qui interprétait aussi le soldat sur scène dans Au champ de Mars, a lui aussi trouvé intéressante, à la lecture des textes, la manière de mettre en relief des thèmes délicats comme l’angoisse et le carriérisme dans Le vrai du faux.

«Je pense qu’en voyant le film, les gens vont se dire que, cette année, ils vont profiter de leurs vacances, rigole celui qu’on connaît aussi pour SNL Québec et qui était du dernier opus de Denys Arcand, Le règne de la beauté. Souvent, on a beaucoup de bibittes dans la tête pour rien! Marco va provoquer toutes sortes d’émotions et de réactions chez Éric mais, avec sa maladresse, tous deux vont devenir des ennemis et des amis. Ils vont passer ensemble par toutes sortes de stades, mais il va l’aider, parce qu’il va porter attention à lui et l’écouter.»

Le vrai du faux propose en outre une galerie de figures féminines très fortes, parmi lesquelles la psychologue (Julie Le Breton) et l’ancienne amoureuse d’Éric (Marie-Ève Milot).

«La psy est pleine de bonnes intentions, mais elle est également au bord de la crise de nerfs, s’esclaffe Julie Le Breton. Elle va vouloir sortir son patient des griffes du réalisateur, mais sa quête devient un peu trop personnelle, et elle transgresse certaines règles…»

«Grâce à Sarah, l’ex-amoureuse, on va découvrir le passé d’Éric, note Marie-Ève Milot. Elle est son grand amour de jeunesse et il va retourner dans sa ville natale pour la reconquérir, dans la foulée de tout ce que Marco provoque chez lui.»

Le vrai du faux est une production de Denise Robert, Daniel Louis et la boîte Cinémaginaire. Les comédiens effectueront une tournée des régions pour aller rencontrer le public d’ici la sortie du film, le 9 juillet.

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