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«Le PQ ne peut plus aspirer à gouverner», dit François Legault (ENTREVUE)

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FRANCOIS LEGAULT
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QUÉBEC - La CAQ est deuxième dans les sondages et François Legault se voit déjà dans le siège du chef de l'opposition. Au passage, il adresse de dures critiques au trio économique de Philippe Couillard.

Le plus récent sondage de Léger pour le Journal de Québec place la CAQ en deuxième position des intentions de vote, devant le PQ.

Le chef de la CAQ croit carrément que son ancien parti ne reprendra jamais le pouvoir. «[Le PQ] ne peut plus aspirer à gouverner», dit François Legault en entrevue avec Le Huffington Post Québec.

«Les Québécois ont vu le jeu [du PQ], je pense une fois pour toutes. C'est la même chose qui s'est produite avec le Bloc, dit-il. À partir du moment où les gens se disent qu'ils ne veulent pas de la souveraineté du Québec... ils veulent parler d'autres choses et ne veulent pas que ce dossier-là vienne contaminer les autres dossiers, à commencer par l'économie puis la bonne gestion.»

L'ex-ministre péquiste croit que le parti devra faire «une remise en question vitale». «Le PQ, comme parti politique faisant la promotion de la souveraineté, va probablement demeurer, dit-il. Le Parti québécois comme parti aspirant à gouverner, je pense que c'est la fin.»

François Legault croit d'ailleurs que le résultat des élections du 7 avril dernier aurait pu être très différent si la commission Charbonneau avait poursuivi ses audiences pendant la campagne électorale. «On a vu, depuis deux mois, beaucoup de révélations concernant le Parti libéral et le Parti québécois, dit-il. Quand on voit toutes les sommes qui ont été versées à ces partis avec des prête-noms, je pense que ça aurait pu influencer le vote.»

Trio économique «incompétent»

Le chef de la CAQ n'est guère plus tendre dans son bilan du gouvernement Couillard qu'il qualifie «[d'] incompétent en matières économiques».

Sur la réforme fiscale proposée par Carlos Leitao, François Legault affirme que le ministre des Finances a seulement une compréhension «théorique» de l'économie. Jeudi, le ministre s'est dit ouvert à une hausse de taxes accompagnée d'une diminution de l'impôt. Cela pourrait se traduire par une hausse de la TVQ, croit François Legault. «C'est impensable qu'on ne comprenne pas mieux l'économie», lance-t-il. En raison des bas taux de taxation en Amérique du Nord, une telle hausse ferait fuir des contribuables et nuirait à l'économie, dit-il.

À l'Économie, François Legault estime que Jacques Daoust n'a pas connu de bons résultats lors de son passage à la tête d'Investissement Québec.

Quant au président du Conseil du trésor, le chef de la CAQ concède que Martin Coiteux est «compétent» pour contrôler les dépenses du gouvernement. «Mais quel poids a-t-il au Conseil des ministres?», demande-t-il.

«Pour stimuler l'économie et augmenter les revenus du gouvernement, je ne considère pas que l'équipe économique est compétente», dit François Legault.

Une année perdue?

Tout au long de la session parlementaire, la CAQ a adressé deux principaux reproches au gouvernement. D'une part, le gouvernement Couillard a haussé les tarifs d'hydroélectricité et les taxes scolaires, malgré une promesse de maintenir la croissance au niveau de l'inflation.

Ces hausses, croit-il, nuisent à la relance économique: «Il ne faut pas oublier que 60% de l'activité économique, c'est la consommation des ménages».

D'autre part, la CAQ reproche au gouvernement de ne pas en faire suffisamment pour stimuler l'économie. Le gouvernement, dit François Legault, perd une année en mettant en place deux commissions, une pour revoir les programmes, l'autre pour réviser la fiscalité. «Donc, les mesures de correction vont être appliquées dans le budget de l'année prochaine», déplore François Legault.

Citant le «Projet Saint-Laurent» détaillé dans son livre, le chef caquiste invite le gouvernement à mettre en place des zones d'innovation qui mettent en lien chercheurs et industriels. «Il y en a d'ailleurs une dizaine qui sont déjà en place, faut juste leur donner les moyens pour attirer des entreprises», dit François Legault. Il estime qu'il suffirait de rediriger certains crédits d'impôt. «Actuellement, il y a 700 millions$ de crédits d'impôt à la recherche et développement qui ne donnent pas de bons résultats. Si on utilisait ces 700 millions$ pour développer rapidement des zones d'innovation, on pourrait voir dès la première année des dizaines de milliers d'emplois qu'on pourrait créer de plus.»

Toutefois, n'attendez pas une suite à son livre «Cap sur un Québec gagnant» à la rentrée. «L'été dernier, j'ai passé tout mon été à écrire un livre. Cet été, je vais prendre de vraies vacances pour me changer les idées.»

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