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Turquie: le gouvernement "plus répressif que jamais" contre les manifestants, dénonce Amnesty

10/06/2014 05:42 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement islamo-conservateur turc met en oeuvre une politique "plus répressive que jamais" contre ceux qui contestent son autorité et protège "l'impunité" de ses forces de l'ordre, a dénoncé Amnesty International dans un rapport publié mardi.

"Un an après les manifestations de Gezi, la position du gouvernement en matière de droit à manifester apparaît plus répressive que jamais", écrit l'ONG.

"Plutôt que de panser les plaies ouvertes pendant l'été 2013, il continue à recourir à une force abusive pour dénier (aux Turcs) le droit de se réunir pacifiquement, persiste à essayer de réprimer toute protestation et ne fait aucun effort pour assurer la justice aux victimes d'abus des forces de l'ordre", ajoute-t-elle.

Au titre de ses griefs, Amnesty dénonce aussi les lois récentes qui "restreignent l'accès aux médias sociaux" et des "réformes rétrogrades" de la justice qui ont "encore politisé l'institution judiciaire et réduit sa capacité à dénoncer les abus du gouvernement et à défendre les droits fondamentaux".

Plus de 5.500 personnes ont déjà fait l'objet de poursuites pour leur participation aux manifestations de juin 2013, selon son rapport.

"Le Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) a choisi le chemin de l'intolérance, du conflit et de la polarisation. Cette voie, si elle se confirme, ne peut qu'affecter un peu plus la situation des droits de l'Homme en Turquie", insiste Amnesty, qui demande au régime de "changer d'attitude vis-à-vis de ses critiques".

Ce rapport est publié deux semaines après le premier anniversaire des émeutes de Gezi, qui a donné lieu à de violents affrontements entre des milliers de manifestants et les forces de l'ordre qui avaient interdit toute réunion, notamment à Istanbul et Ankara.

Cette fronde est partie de la mobilisation d'une poignée d'écologistes opposés à la destruction du parc Gezi, en bordure la place Taksim d'Istanbul.

Sa violente répression s'est transformée en un mouvement de masse contre M. Erdogan, accusé d'être autoritaire et de vouloir "islamiser" la Turquie, qui a rassemblé plus de 3,5 millions de manifestants dans une centaine de villes du pays pendant les trois premières semaines de juin 2013.

Cette vague de protestation a fait au moins 8 morts et plus de 8.000 blessés.

pa/ros

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