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Soudan du Sud: un gouvernement de transition d'ici 60 jours (Addis Abeba)

10/06/2014 03:00 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir et le chef de la rébellion Riek Machar ont fixé mardi une date-butoir de 60 jours pour former un gouvernement de transition, a annoncé le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

"Ils se sont mis d'accord pour achever le processus de dialogue d'ici 60 jours et sur le fait de savoir comment, quand, et avec qui former le gouvernement de transition", a déclaré M. Desalegn, après une rencontre entre les deux belligérants, dans le cadre d'une médiation régionale.

"Toute tentative de faire obstacle à la paix aura de grandes conséquences", a ajouté le chef du gouvernement éthiopien.

De son côté, l'envoyé spécial américain au Soudan du Sud, Donald Booth a déclaré que les pourparlers offraient "la dernière, la meilleure chance aux belligérants pour prouver leur engagement à maintenir l'unité du pays et du peuple".

Depuis leur ouverture en janvier, les pourparlers n'ont fait quasiment aucun progrès.

Le 9 mai à Addis Abeba, lors de leur première rencontre depuis le début du conflit, MM. Kiir et Machar ont signé un "Accord pour mettre fin à la crise au Soudan du Sud", dont la principale clause, la cessation des hostilités, n'a jamais été respectée, pas plus qu'un précédent cessez-le-feu, signé le 23 janvier.

Ce conflit, qui a commencé le 15 décembre dans ce pays indépendant depuis 2011, a déjà fait plusieurs milliers de morts et 1,3 millions de déplacés.

Les pourparlers se tiennent dans le cadre de la médiation de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) organisation est-africaine.

M. Hailemariam, s'exprimant lors de l'ouverture d'un sommet régional, a dénoncé une "tendance croissante à poursuivre la guerre", et a critiqué les deux parties pour n'avoir pas respecté l'Accord de cessez-le-feu.

Les pourparlers ont "été lents et, oui, nous aurions dû avoir des résultats tangibles et (...) personne d'autre n'est à blâmer que les parties prenantes elles-mêmes", a déclaré à l'AFP Mahboub Maalim, secrétaire exécutif de l'Igad.

"S'ils faut trouver des responsabilités, ce sont les leurs, je pense parfois qu'ils (les belligérants) pensaient pouvoir l'emporter militairement, ce qui est vraiment stupide", a-t-il ajouté.

La rivalité à la tête du régime entre MM. Kiir et Machar, respectivement issus des peuples dinka et nuer, les deux principales communautés du pays, a creusé les antagonismes au sein de l'armée sur des lignes ethniques.

La récente apparition du choléra fait craindre une vaste épidémie au Soudan du Sud, où plus d'un million de Sud-Soudanais déplacés survivent sans eau potable, sans abri ni toilettes dignes de ce nom.

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