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Des pointes de fer pour empêcher les itinérants de s'asseoir horrifient les Londoniens

10/06/2014 07:46 EDT | Actualisé 10/06/2014 07:46 EDT
Twitter

Si d'habitude les installations urbaines peuvent être sujettes à polémique pour des questions esthétiques, elles peuvent aussi soulever des questions éthiques. C'est le cas depuis quelques jours en Grande-Bretagne où l'installation de pics "anti-itinérants" suscite le débat, bien au-delà des réseaux sociaux.

Comme l'indique le blogue du Monde Big Browser, tout commence avec l'indignation d'un Londonien. En se rendant à son travail, Andrew Horton a été intrigué par la présence de pointes implantées dans le sol devant un immeuble chic. "Je n'en suis pas totalement sûr, mais on dirait bien qu'elles ont été installées là pour empêcher les sans abris de s'installer. C'est affreux", a-t-il expliqué au Telegraph.

Ses photos de l'installation ont ensuite très vite circulé sur Twitter et ont suscité beaucoup d'émotion. De nombreux internautes relayent d'ailleurs une pétition contre ce dispositif:

"Parce que les pointes sont la solution aux sans-abri, n'est-ce pas? Beau travail."

"Comment appeler ça? Des "pointes anti-itinérants". Certains n'ont pas de cœur. Ca me rend malade."

"Les sans-abri sont aussi des humains. Signez cette pétition pour faire enlever les pics anti-itinérants"

L'indignation a par ailleurs pris une telle ampleur qu'elle a dépassé la sphère citoyenne. Les politiques britanniques se sont eux aussi emparés de l'affaire. Boris Johnson, le maire de Londres, s'est fendu d'un tweet lundi 9 juin pour dire tout le mal qu'il en pense. Qualifiant les pointes de "laides et stupides", Boris Johnson a demandé à ce qu'elles soient retirées au plus vite.

Le ministre du Logement Kris Hopkins a lui aussi estimé que ces pointes n'étaient pas appropriées. "Je ne sais pas quel architecte qui se respecte voudrait être associé avec une telle initiative offensante", a-t-il déclaré au Telegraph.

Dernier rebondissement en date dans cette affaire, les accusations contre le Labour (le parti travailliste) d'utiliser un dispositif anti-itinérants devant le siège du parti comme le montre cette photo partagée sur Twitter:

Niant toute implication, un porte-parole du parti cité par The Independant a fait savoir que "le parti travailliste est locataire à cette adresse et n'a pas le contrôle sur les modifications extérieures réalisées par le propriétaire de l'immeuble."

S'il a suscité l'indignation dans ce cas précis outre-Manche, ce type de dispositif n'est pas nouveau. Rue89 avait publié les photos plusieurs installations de ce type. Et sur Twitter, certains rappellent qu'en France aussi, les pics anti-itinérants existent:

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