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Naufrage du traversier Sewol: les accusés comparaissent devant la justice

10/06/2014 08:03 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

GWANGJU, Corée du Sud - Les membres d'équipage du traversier sud-coréen Sewol mis en accusation après son naufrage, en avril, ont été accueillis par les cris, les pleurs et les injures des proches des victimes quand ils se sont présentés devant la justice pour la première fois, mardi.

Les 15 marins sont notamment accusés de négligence et d'avoir abandonné des passagers en péril. Le naufrage a fait plus de 300 morts et disparus.

Les proches des victimes avaient peine à contenir leur fureur alors que les membres d'équipage comparaissaient, tête baissée, devant les juges de la Cour du district de Gwangju. Plusieurs proches portaient un ruban jaune en mémoire des victimes de l'accident du 16 avril, essentiellement des étudiants qui participaient à un voyage scolaire.

Les juges ont demandé le silence à la foule.

«Ils devraient tous être condamnés à mort», a néanmoins crié un spectateur. Une accusée pleurait tellement qu'elle a été incapable de donner son nom au tribunal.

Seulement 11 des 15 membres d'équipage ont pu enregistrer des plaidoyers de non-culpabilité mardi, en raison d'un manque de temps. Les quatre autres seront de retour en cour dans une semaine.

Tous les membres d'équipage qui ont survécu ont été mis en accusation. Plusieurs d'entre eux ont admis une certaine responsabilité, mardi, tout en niant avoir provoqué le naufrage. Ils ont dit n'avoir eu que peu de contrôle sur la stabilité du traversier, qui avait été surchargé de fret.

Après avoir transmis ses condoléances aux familles éplorées, le juge Lim Joung-youb a mis l'emphase sur le droit des accusés de formuler leur propre défense.

L'hostilité brûlante du public envers l'équipage soulève des craintes quant à l'impartialité du procès. Les accusés sont défendus par six avocats nommés par le gouvernement, dont trois qui pratiquent le droit depuis moins d'un an. Le tribunal a indiqué, par voie de communiqué, qu'il entend protéger les droits des victimes et des accusés.

Le capitaine du traversier, Lee Joon-seok, et trois autres membres d'équipage sont accusés d'homicide. Ils seront passibles de la peine de mort s'ils sont reconnus coupables, mais personne n'a été exécuté en Corée du Sud depuis 1997. Les procureurs leur reprochent d'avoir abandonné le navire en sachant que des passagers seraient coincés à bord et tués.

Les avocats des membres d'équipage affirment que leurs clients étaient parfois confus, blessés et en état de panique. Ils ont ajouté que la majorité des accusés n'étaient pas en mesure de prendre des décisions indépendantes et qu'ils devaient attendre les ordres du capitaine et de ses lieutenants.

L'avocat du capitaine prétend que les facteurs qui ont contribué au naufrage étaient hors du contrôle d'un capitaine qui n'était responsable du navire que six jours par mois, sur une base contractuelle.

Le capitaine a été vilipendé après que la garde-côtière l'ait filmé quittant le navire vêtu seulement d'un chandail et de ses sous-vêtements. Son avocat explique que son client n'a pas fui mais qu'il a été secouru après avoir tenté de redresser le navire et ordonné aux passagers de revêtir des gilets de sauvetage, en dépit de ses blessures.

Le troisième lieutenant aurait été pris d'un accès de panique et se serait assis dans un coin en pleurant, selon son avocat. Le deuxième lieutenant aurait quant à lui lancé l'ordre d'abandonner le navire, même si les survivants disent n'avoir rien entendu du genre.

Douze personnes manquent toujours à l'appel, près de deux mois après le naufrage.

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