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Mondial 2014 - Le Brésil donne le coup d'envoi à la diplomatie du ballon

10/06/2014 01:24 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
A boy tries to touch a large, inflatable soccer ball covered with a red cross that symbolizes a victim of violence, placed by members of Rio da Paz on Copacabana beach to protest government spending on the World Cup in Rio de Janeiro, Brazil, Tuesday, June 10, 2014. Brazil has seen near-daily protests with anger focused on the billions spent to host the international soccer tournament. (AP Photo/Silvia Izquierdo)

Hors des stades, la Coupe du monde va offrir au Brésil et à sa présidente, Dilma Rousseff, l'occasion de redorer leur blason international en recevant une vingtaine de leaders mondiaux.

Le président russe Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le vice-président américain Joe Biden comptent parmi les 21 présidents, chefs de gouvernement et têtes couronnées qui ont confirmé leur venue.

Jeudi, pour le match d'ouverture à Sao Paulo Brésil-Croatie, la présidente Dilma Rousseff sera très entourée dans la tribune d'honneur. Outre le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, siègeront à ses côtés l'émir du Qatar, les président de Bolivie, Chili, Equateur, Paraguay, Uruguay, Surinam, Ghana, Angola et Gabon, qu'elle recevra ensuite à déjeuner.

Alors que les yeux du monde seront braqués sur le pays, le Brésil "mettra en jeu sa projection et son image internationale", affirme à l'AFP le professeur de l'Institut de Relations Internationales de l'Université de Sao Paulo, Alberto Pfeiffer.

"Octroyer l'organisation du Mondial et des jeux Olympiques en 2016 a été un pari et une preuve de confiance dans le Brésil" triomphant des années Lula.

L'ex-président avait milité pour conférer au Brésil un rôle d'interlocuteur incontournable sur la scène politique, à la hauteur de son rang de septième économie mondiale.

"Maintenant il y a de grandes attentes sur la façon dont le pays va se débrouiller", souligne M. Pfeiffer. Spécialement depuis l'avalanche de critiques sur la préparation chaotique du Mondial - nombreux retards et abandons de projets d'infrastructures -, et la fronde sociale historique qui a ébranlé le géant d'Amérique latine en juin 2013.

Beaucoup plus discrète que Lula à l'internatioanl, Dilma Rousseff aura aussi à coeur de montrer à une opinion revêche qu'elle tutoie les grands de ce monde, à cinq mois de la présidentielle d'octobre où elle briguera un second mandat.

- Etats-Unis en défense -

L'une des visites les plus attendues est celle du vice-président américain Joe Biden. Il assistera au match inaugural Etats-Unis-Ghana le 16 juin à Natal (nord-est) et se réunira avec Mme Rousseff le lendemain à Brasilia.

Cette rencontre est perçue comme une occasion de réchauffer les liens après le scandale de l'espionnage américain du téléphone de Mme Rousseff et d'entreprises brésiliennes comme le géant pétrolier Petrobras.

Mme Rousseff a déclaré la semaine dernière lors d'un dîner avec la presse étrangère qu'elle envisageait de reprogrammer la visite d'Etat à Washington qu'elle avait annulée en octobre dernier, au plus vif de la crise.

Mais elle a ajouté qu'elle attendait toujours "un fort signal" que ces pratiques ne se réproduiraient pas.

Mme Rousseff recevra Angela Merkel pour un dîner, probablement dimanche à Brasilia, à la veille du match Allemagne-Portugal à Salvador de Bahia (nord-est) auquel elle assistera, a indiqué la présidence à l'AFP.

Elle évoquera sans doute la volonté du Brésil de dégeler rapidement les négociations sur un accord de libre-échange Mercosur-Europe. Le Brésil, membre du Mercosul, craint une sorte d'isolement commercial, alors qu'une partie du continent commerce déjà librement avec la zone Pacifique et que les Américains et européens discutent d'un accord.

En raison du Mondial, le Brésil a repoussé la date du sommet des grands pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud) au 15 juillet et a invité tous les chefs d'Etat à assister à la finale le 13 juillet au temple du football, le Maracana de Rio.

- Chine à l'attaque -

Vladimir Poutine, dont le pays accueillera le Mondial en 2018, est le premier à avoir confirmé sa présence. Le sommet aura lieu à Fortaleza (nord-est) pour créer notamment une banque de développement et un fonds de réserve des BRICS.

Le 16 juillet, les chefs d'Etat des BRICS se réuniront avec leurs homologues sud-américains lors d'un sommet à Brasilia.

Après ces deux sommets, un autre enthousiaste du football, le président chinois Xi Jinping, effectuera une visite d'Etat à Brasilia le 17 juillet. Il ouvrira le même jour le Forum Amérique Latine-Chine, avec la présidente du Brésil et les dirigeants de la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (CELAC), dont le Cubain Raúl Castro et l'Equatorien Rafael Correa.

"Gigantesque investisseur, deuxième partenaire commercial de la plupart des pays de la région et le premier du Brésil, devant les Etats-Unis, "la Chine est entrée en Amérique latine en profitant du recul des Etats-Unis et maintenant, elle officialise sa présence dans ce forum", a souligné M. Fleischer.

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