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L'Irlande fera enquête sur des maisons réservées aux mères monoparentales

10/06/2014 03:45 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

LONDRES - Le gouvernement irlandais a ouvert mardi une enquête sur les taux de mortalité élevés et les mauvais traitements infligés à des bébés morts il y a des décennies dans des maisons réservées aux mamans non mariées, plongeant le pays dans un autre douloureux examen du passé.

L'enquête découle de révélations présentées la semaine dernière, selon lesquelles des centaines d'enfants seraient morts dans une ancienne résidence pour «mère et enfant» gérée par l'Église catholique dans l'ouest du pays. Dans la foulée des critiques, le premier ministre Enda Kenny a promis une enquête exhaustive et a reconnu que pendant des décennies, les enfants nés hors mariage étaient traités comme «une espèce inférieure».

Cette enquête tentera de déterminer ce qui s'est passé, plutôt que d'attribuer des blâmes. Les travaux se pencheront sur les taux de mortalité élevés dans ces maisons spécialisées, sur les pratiques funéraires pour les enterrements dans ces résidences, les adoptions illégales, et si des essais cliniques de vaccins ont été réalisés sur les enfants.

Un chercheur a découvert des documents indiquant que 796 enfants, dont une majorité de bambins, sont morts dans une maison installée dans le comté de Galway (ouest) qui aurait été ouverte de 1925 à 1962. Des habitants de l'endroit craignent que les corps ont été enterrés dans un champ voisin, y compris dans une fosse septique abandonnée.

L'Irlande comptait jusqu'à 10 de ces maisons gérées par divers ordres religieux jusque dans les années 1960. Une maison gérée par un ordre protestant sera aussi visée par l'enquête. Les travaux font suite à quatre autres séries de recherches en Irlande, y compris des examens des méthodes de dissimulation des agressions contre des enfants dans des écoles professionnelles et par des prêtres de Dublin, de Cork et du comté de Wexford (sud-est).

Selon Tanya Ward, directrice de la Children's Rights Alliance, une commission d'enquête doit obtenir les pleins pouvoirs pour forcer les témoins à fournir des preuves et remettre des documents.

«Découvrir la sombre histoire de la façon dont nous avons traité les femmes non mariées et leurs enfants est essentiel pour que nous puissions vraiment reconnaître et comprendre notre passé. C'est la pièce manquante du puzzle», a-t-elle estimé.

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