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Israël choisit un faucon de droite pour tourner la page Shimon Peres

10/06/2014 09:21 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Le Parlement israélien a élu mardi comme 10e président d'Israël un faucon de la droite, Reuven Rivlin, pour succéder à Shimon Peres qui restera dans l'Histoire pour son rôle au service de la paix.

A l'issue d'un scrutin à deux tours, M. Rivlin, soutenu par le parti Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a obtenu 63 voix contre 53 à son rival centriste Méïr Sheetrit.

Les trois autres prétendants, deux femmes et un ancien prix Nobel de chimie, avaient été éliminés au premier tour.

"Je pense qu'ils (les députés) ont écouté le sentiment du peuple", a déclaré le nouveau président à la télévision, en référence aux sondages qui le donnaient vainqueur depuis des semaines.

Figure haute en couleur, Reuven Rivlin, 75 ans, fait partie de l'aile la plus à droite du Likoud. C'est un partisan déclaré du "Grand Israël et il n'a jamais caché son hostilité à la création d'un Etat palestinien.

"Rivlin ne sera pas le président de l'Etat d'Israël, mais le président du +Grand Israël+. Il se servira de la fonction présidentielle pour faire avancer la colonisation en Cisjordanie, qu'il adule", déplorait récemment un éditorialiste du quotidien de gauche Haaretz.

Mais le nouveau président est aussi un ardent défenseur de la démocratie parlementaire, qui a promis de jouer un rôle d'arbitre en tant que chef d'Etat.

Cet ancien officier du renseignement militaire a ainsi fait du rapprochement avec les Arabes israéliens, descendants des 160.000 Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, sa marque de fabrique politique.

Avocat de formation, connu pour son affabilité et ses traits d'esprit, M. Rivlin, a débuté sa carrière politique en 1988 en se faisant élire député du Likoud à la Knesset. Il deviendra ensuite à deux reprises président de la Knesset (2003-2006 et 2009-2013).

- Changement de cap -

Reuven Rivlin n'avait reçu que du bout des lèvres le soutien de Benjamin Netanyahu, le chef du Likoud, l'inimitié avant tout personnelle entre les deux hommes étant de notoriété publique.

M. Netanyahu avait d'ailleurs tenté de convaincre le prix Nobel de la paix et survivant de l'Holocauste Elie Wiesel de se porter candidat pour contrer M. Rivlin.

En Israël, le poste de président est largement honorifique et les pouvoirs exécutifs restent aux mains du Premier ministre.

Le chef de l'Etat a toutefois pour tâche de nommer après les élections législatives la personnalité chargée de former une coalition et appelée à devenir Premier ministre.

Mais, fort de sa notoriété internationale, Shimon Peres, élu président en 2007, a su adroitement utiliser une fonction essentiellement protocolaire pour promouvoir un message politique en faveur de la paix.

Il n'a pas craint de donner de sérieux coups de canif au devoir de réserve dans lequel est censé se cantonner le chef de l'Etat, au point d'apparaître souvent comme le seul opposant de M. Netanyahu.

"L'élection du 10e président israélien annonce un changement de direction pour la présidence: elle va passer de la politique internationale aux questions intérieures", a prédit le Haaretz.

Sur des dossiers aussi sensibles que le processus de paix avec les Palestiniens, les relations stratégiques avec l'allié américain ou le programme nucléaire iranien, Shimon Peres n'a cessé de faire entendre sa propre voix.

Ainsi, le mois dernier, le prix Nobel de la paix 1994 a accusé publiquement M. Netanyahu d'avoir fait capoter en 2011 la conclusion d'un accord qu'il avait négocié secrètement avec les Palestiniens.

"Nous devons réaliser que le prochain président ne sera pas un Peres. La présidence va retrouver sa fonction naturelle, de représentation et de cérémonial", a jugé l'éditorialiste vedette Nahum Barnéa.

Shimon Peres quittera ses fonctions le 28 juillet, avant son 91e anniversaire.

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