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Grèce: le FMI toujours inquiet de la viabilité de la dette

10/06/2014 10:04 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Le FMI continue de considérer la viabilité de la dette grecque comme un sujet d'"inquiétude sérieux" en raison d'incertitudes sur l'évolution de l'économie grecque à moyen terme, même si celle-ci a fait des "progrès", selon son rapport publié mardi.

"La soutenabilité de la dette grecque reste une inquiétude sérieuse", explique le Fonds monétaire international. "Les risques sur la dette publique demeurent significatifs", poursuit le Fonds qui estime que la zone euro doit se tenir prête à consentir un nouvel allègement.

"Après un point culminant à 174% du PIB cette année, la dette devrait décliner à 128% en 2020 et 117% en 2022", estime le FMI attribuant cette évolution à "la poursuite de l'ajustement fiscal, l'amélioration de la situation économique" et surtout au pari sur l'obtention d'un excédent budgétaire primaire -hors charge de la dette- de 4% du PIB ainsi qu'un "taux de croissance relativement élevé" pendant plusieurs années d'affilée.

Or une telle performance est ambitieuse sur le moyen terme, compte-tenu des fragilités persistantes de l'économie grecque, observe ce rapport publié à l'issue de la cinquième mission d'audit des comptes du pays, menée entre mars et mai.

Compte-tenu de ces fragilités, le Fonds réitère son appel à une intervention de la zone euro: "il est essentiel que les partenaires européens de la Grèce réaffirment leurs engagements sur la gestion de la dette en se tenant prêts à octroyer un allègement supplémentaire pour la maintenir dans les rails".

Une intervention d'autant plus nécessaire que le FMI signale un trou de financement pour la Grèce à partir de mai 2015: selon ses tableaux, il s'élève à 12,6 milliards d'euros.

"Des mesures supplémentaires seront nécessaires pour boucher les trous prévus en 2015-2016", affirme le fonds.

Guikas Hardouvelis, le nouveau ministre des Finances grec nommé lundi lors d'un remaniement ministériel, doit entamer cet automne ces délicates discussions sur la réduction de la dette, essentiellement détenue par les banques centrales européennes.

Cet allègement pourrait passer par une baisse des taux d'intérêt des prêts en cours et un allongement de leurs échéances.

Berlin a récemment remis sur la table l'hypothèse d'une troisième plan d'aide à la Grèce, d'un volume inférieur à 10 milliards d'euros pour combler les besoins de financement du pays.

Athènes est sous perfusion financière de l'Europe et du FMI depuis 2010, sous la forme de deux plans d'aide successifs, soit 240 milliards d'euros de prêts accordés en échange de profondes réformes et coupes budgétaires qui ont asphyxié l'économie du pays.

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