NOUVELLES

Grèce: Guikas Hardouvelis, un économiste aux manettes des Finances pour négocier la dette

10/06/2014 08:52 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

Economiste et banquier expérimenté, Guikas Hardouvelis prend le portefeuille clef du ministère des Finances grec, après un profond remaniement gouvernemental, avec la charge de poursuivre le redressement économique mais aussi de gérer la dette.

Professeur d'économie à l'Université du Pirée, conseiller de deux anciens premiers ministres, Guikas Hardouvelis, 59 ans, se veut le garant de la poursuite de l'application du plan d'assainissement, imposé par les créanciers internationaux, UE et FMI, depuis 2010.

"Le choix de M. Hardouvelis s'inscrit dans la ligne droite de la politique de son prédécesseur Yannis Stournaras, il n'y aura aucun changement", analyse pour l'AFP Panayotis Petrakis, professeur d'économie financière à l'Université d'Athènes.

Issu du même cercle de centre gauche que Yannis Stournaras, arrivé au ministère il y a deux ans, M. Hardouvelis, conseiller à Eurobank, l'une des principales banques grecques, avait été conseiller de l'ex-Premier ministre technocrate Lucas Papademos entre novembre 2011 et mai 2012, au plus fort de la crise grecque.

Il avait participé aux négociations sur la restructuration de la dette ayant permis l'effacement de près de 106 milliards d'euros d'obligations détenues par les créanciers privés, surtout les banques.

Le nouveau ministre juge que "l'application des réformes auxquelles la Grèce s'est engagée auprès de ses créanciers est la voie à sens unique pour le redressement, tout en étant contre de nouvelles coupes ou de l'augmentation d'impôts", selon Ethnos, quotidien de centre-gauche.

Guikas Hardouvelis doit se préparer pour la prochaine rencontre avec les représentants de la troïka (UE-BCE-FMI) des créanciers, prévue dans deux mois, pour le versement des dernières tranches des prêts.

Malgré des signes d'amélioration de l'économie grecque, Bruxelles insiste sur la poursuite des réformes, surtout dans la fonction publique.

- Le casse-tête de la dette -

"Le sort du pays dépend de l'amélioration des liquidités en Europe", note M. Pétrakis.

Un troisième plan d'aide pour faire face aux futurs besoins financiers de la Grèce, à nouveau évoqué par certains Européens, "n'a maintenant plus trop de sens après les mesures prises par la BCE", selon M. Pétrakis, en référence aux décisions de la BCE la semaine dernière pour prévenir les risques de déflation.

Après quatre ans d'absence du marché des emprunts obligataires à moyen et long terme, le lancement d'une émission d'obligations sur cinq ans en avril par Athènes a été interprété comme un signe de bon augure pour la capacité du pays à retrouver son indépendance financière.

Le casse-tête d'Athènes reste son énorme dette, représentant 175% du PIB en 2013, détenue essentiellement par les Etats après la restructuration de 2012. Le gouvernement grec doit entamer à l'automne de délicates négociations avec ses partenaires européens pour la réduire.

C'est l'enjeu principal auquel fera face M. Hardouvelis, main dans la main avec son prédécesseur Yannis Stournaras, qui s'apprête à prendre la tête de la Banque de Grèce en remplacement de Georges Provopoulos à la fin de son mandat mi-juin.

Ardent défenseur d'une réduction de la dette, idée qui provoque des frissons en Europe, le FMI a réitéré dans son rapport sur l'économie grecque publié mardi "son inquiétude sur ce sujet sérieux".

Le Fonds a appelé de nouveau la zone euro à "octroyer un allègement supplémentaire de la dette pour la maintenir dans les rails".

Il a aussi tiré la sonnette d'alarme sur le trou de financement à partir de mai 2015, estimé, selon ses tableaux, à 12,6 milliards d'euros.

De son côté, le Premier ministre grec Antonis Samaras, s'est dit optimiste sur "les négociations (avec les Européens) sur la dette".

"La confirmation de la viabilité de la dette va conduire à la reprise", a-t-il dit, lors de la première réunion mardi après-midi du nouveau cabinet ministériel.

Au lendemain du profond remaniement ministériel destiné à redorer l'image de la coalition droite-socialistes, au pouvoir depuis deux ans, M. Samaras a promis "l'accélération des mesures pour promouvoir la croissance" et faire baisser le chômage, dont le taux actuel à 26,8% est le plus élevé" de la zone euro.

hec-smk/ih

PLUS:hp