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CEIC: les machines politiques sont devenues des monstres, dit Marc-Yvan Côté

10/06/2014 03:10 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Marc-Yvan Côté, ancien ministre sous Robert Bourassa, qui a quitté la politique pour la firme de génie Roche, n'y est pas allé de main morte, mardi, devant la Commission Charbonneau, affirmant que les machines politiques sont devenues de véritables monstres, des gouffres d'argent.

«Les machines politiques aujourd'hui sont devenues des monstres et ont des exigences qui sont assez importantes sur le plan financier. Et je pense que tout ça est appelé à revenir à une situation un peu plus normale», a-t-il affirmé mardi dès les premières minutes de son témoignage.

La publicité, le marketing, les nombreuses réunions des partis politiques nécessitent des fonds, a-t-il rappelé.

Celui qui s'occupait du développement des affaires pour la firme Roche, d'abord comme employé, puis comme consultant, a admis que la pratique des entreprises et sociétés de financer les partis politiques était chose courante depuis des années, bien qu'il existe officiellement une loi assurant le financement populaire des partis politiques.

«C'était dans l'air du temps. À l'époque, contribuer aux partis politiques, fédéral, provincial et municipal, c'était dans les moeurs. Le nier aujourd'hui, c'est nier une évidence. Et je ne suis pas devant la commission pour être hypocrite», a-t-il affirmé.

Même à l'époque de Robert Bourassa, lorsqu'il était ministre des Transports, puis de la Santé et des Services sociaux, le financement «sectoriel» _ par secteur d'activité économique _ existait, a-t-il avoué.

Malgré l'insistance de la commission, M. Côté s'est refusé à dire que les demandes de financement se sont faites plus pressantes avec l'arrivée de Jean Charest au Parti libéral. «Je n'ai pas senti ça», a-t-il dit.

Il a tout au plus admis que les demandes étaient plus soutenues durant les années électorales, comme en 2003.

M. Côté a aussi admis que sa relation d'amitié avec Bruno Lortie, qui a été directeur de cabinet de la ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau, lui a été utile chez Roche. Utile pour obtenir des informations, certes, mais pas des informations privilégiées, a-t-il assuré. Il affirme qu'il pouvait par exemple obtenir un état de situation, savoir où en était rendu un dossier.

Mais il souligne qu'avec ses états de service au Parti libéral _ il a été organisateur en plus d'être ministre pendant neuf ans _ il n'avait pas besoin de donner de l'argent au parti, une fois rendu chez Roche, pour obtenir des contacts au gouvernement. «Il est évident que si j'avais besoin d'une information, j'étais capable d'avoir une information.»

Il a également admis que des employés de Roche qui contribuaient aux partis étaient remboursés par la firme de génie, soit à même leurs comptes de dépenses _ généralement du kilométrage _ soit par des bonis.

Dans le cas des contributions de Roche faites au palier municipal, notamment par Gilles Cloutier _ qui a déjà témoigné devant la Commission Charbonneau _celles-ci étaient généralement remboursées par de la fausse facturation.

Son témoignage se poursuivra mercredi.

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