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Afrique du Sud: la banque centrale s'inquiète pour les exportations de platine

10/06/2014 06:00 EDT | Actualisé 10/08/2014 05:12 EDT

L'Afrique du Sud ne devrait pas entrer en récession malgré la grève qui se prolonge depuis janvier dans les principales mines de platine, a estimé mardi la banque centrale, qui en revanche redoute l'impact d'un éventuel arrêt des exportations du métal précieux.

"Nous ne pensons pas que la récession soit la conséquence la plus probable", a affirmé la gouverneure de la banque centrale Gill Marcus, dans un discours à la chambre des comptables sud-africains.

Selon elle, l'effondrement de l'activité au premier trimestre dans le secteur minier a été d'une telle magnitude --l'ensemble de l'économie s'est contractée de -0,6%-- qu'il paraît difficile que l'activité puisse chuter encore davantage en partant d'une base si faible.

"Mais même si une récession est évitée, ce ne sera qu'une maigre consolation si le chiffre de croissance est positif mais faible", a-t-elle ajouté, évoquant "la passe très difficile" dans laquelle se trouve l'Afrique du Sud, pays le plus industrialisé d'Afrique.

Mme Marcus a évoqué la perspective que les compagnies minières affectées par la grève depuis le 23 janvier (Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platium (Implats) et Lonmin), ne parviennent plus à honorer leurs commandes à l'export, ce qui aurait des conséquences redoutables pour la balance nationale des comptes courants.

Le platine et les autres métaux précieux du groupe platinoïde comptent pour près d'un dixième des exportations sud-africaine (8% en 2012 et 9% en 2013), et "l'impact d'une cessation totale des exportations par les trois entreprises affectées est très clair", a souligné Mme Marcus.

"Si la grève se fait déjà fait sentir sur la croissance économique, elle ne se reflète pas encore complètement dans les chiffres de l'exportation", a souligné Mme Marcus, car "les compagnies minières avaient des stocks de platine significatifs qu'elles ont pu utiliser".

"Mais ces stocks s'amenuisent, et plus la grève continue, plus vite les conséquences négatives vont se faire sentir à l'export", a exposé Mme Marcus, rappelant que le déficit de la balance des comptes courant est "souvent considéré comme le talon d'Achille de l'économie sud-africaine".

Mme Marcus s'est en outre montrée pessimiste concernant l'évolution de la grève.

Le syndicat Amcu, majoritaire dans les mines de platine, exige de porter les salaires de base à 12.500 rands (880 euros environ) contre 5.000 rands aujourd'hui, en acceptant un étalement sur quatre ans.

Pour Mme Marcus, l'intransigeance d'Amcu n'explique pas tout et les employeurs sont aussi à blâmer pour leur "négligence" et "le rôle qu'ils ont joué pour créer tout ce désordre".

"Dans une énorme mesure, c'est une question d'attitudes des employeurs, de comportements, de salaires des dirigeants et tout ce genre de problèmes, qui plombe véritablement les relations" sociales, a-t-elle observé.

Lundi soir, le gouvernement a été forcé d'avouer son impuissance à dénouer la crise, pour la deuxième fois depuis janvier.

Devant la presse, le ministre des Mines du nouveau cabinet issu des législatives s'est justifié mardi en expliquant que son rôle s'arrêtait à "créer un environnement propice à la reprise du dialogue". "La situation est grave. Plus longue est la grève, plus il est probable que des puits fermeront", a-t-il ajouté.

clr/cpb/Aub

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