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RDC : 38 morts dans les violences ethniques du week-end dans l'Est (officiel)

09/06/2014 09:19 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

Le gouvernement congolais a indiqué lundi soir que 38 personnes avaient été tuées dans la nuit du 7 au 8 juin, victimes d'un conflit ethnique, alors que le bilan de ces violences était évalué jusque-là autour de 30 morts.

Le drame a eu lieu au Sud-Kivu, dans la localité de Mutarule, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bukavu, capitale de cette province limitrophe du Burundi.

"Un vol de bétail a donné lieu à des actions de représailles privées qui ont débouché sur un véritable carnage, provoquant 38 tués", indique un communiqué officiel publié à l'issue d'une réunion extraordinaire du Conseil des ministres.

"Quinze personnes parmi les victimes de ce massacre perpétré par une bande armée ont été brûlées vives dans un incendie [...] délibérément allumé par des assaillants non encore identifiés dans une église. Le Gouvernement condamne fermement ce crime et n'entend pas le laisser impuni", ajoute le texte.

Samedi, un édile et un responsable associatif local avaient indiqué à l'AFP que les victimes, de l'ethnie Bafuliru, avaient été tuées à l'arme blanche et par balles, pour la plupart alors qu'elle dormaient dans une église protestante après avoir participé à une assemblée générale de fidèles.

La Mission de l'ONU en RDC (Monusco) avait fait part de son côté de "combats violents" entre communautés Bafuliru d'un côté et Barundi et Banyamulenge de l'autre ayant fait "une

trentaine de morts et une quinzaine de blessés".

Les Barundi et les Banyamulenge sont des Tutsi installés depuis plusieurs générations au Sud-Kivu et originaires du territoire de l'actuel Burundi. Les premiers vivent dans la plaine de la Ruzizi et les seconds sur les hauts plateaux.

Les Bafuliru sont en conflit depuis une dizaine d'années avec les Barundi pour des questions foncières et coutumières.

Ils reprochent notamment à ces derniers de ne pas être de véritables Congolais et d'accaparer leurs terres. Les violences entre les deux communautés sont régulières.

Selon des sources locales, un vol de cheptel à des Banyamulenge aurait été à l'origine de la vendetta du week-end.

L'Est de la RDC, en particulier les provinces du Nord et du Sud-Kivu, est déchiré par les conflits depuis vingt ans.

La faiblesse de l'Etat permet à des dizaines de groupes armés de prospérer dans cette région densément peuplée et au sous-sol très riche et convoité, et favorise la perpétuation de conflits interethniques vieux souvent de plusieurs générations.

mj/mf

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