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Sarkozy, Poutine, Merkel: la galerie de portraits d'Hillary Clinton

09/06/2014 06:40 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT
BRENDAN SMIALOWSKI via Getty Images
Former Secretary of State Hillary Clinton smiles before speaking at the World Bank May 14, 2014 in Washington, DC. Clinton and World Bank President Jim Yong Kim joined others to speak about women's rights. AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI (Photo credit should read BRENDAN SMIALOWSKI/AFP/Getty Images)

Nicolas Sarkozy en gentleman exubérant amateur de potins, Angela Merkel portant le poids de l'Europe sur ses épaules, et le glaçant Vladimir Poutine sont quelques-uns des dirigeants étrangers dont Hillary Clinton dresse le portrait dans ses nouveaux mémoires, parus mardi aux Etats-Unis.

En quatre ans à la tête de la diplomatie américaine (2009-2013), Hillary Clinton s'est rendue dans 112 pays et a côtoyé tous les grands dirigeants de la planète, y compris Nicolas Sarkozy.

«La plupart des dirigeants étrangers sont plus calmes en privé qu'en public. Pas Sarkozy. Il était encore plus théâtral - et divertissant - en privé», écrit-elle dans Hard Choices (Le temps des décisions en français).

Nicolas Sarkozy «racontait des potins, décrivait nonchalamment d'autres dirigeants étrangers comme fous ou infirmes; l'un d'eux était un "fou drogué"; un autre avait une armée «qui ne savait pas se battrex; et encore un autre descendait d'une longue lignée de "brutes"». Mais «malgré son exubérance, c'était toujours un gentleman».

Une description qui tranche avec celle d'Angela Merkel, «une femme au tempérament quasiment opposé à celui de Sarkozy», et pour qui elle répète son admiration.

«Elle était résolue, astucieuse, directe, et elle m'a toujours dit exactement ce qu'elle pensait, écrit Hillary Clinton. Il était difficile de ne pas être impressionnée par sa détermination de fer. Comme je l'ai dit en 2012, elle portait le poids de l'Europe sur ses épaules».

Les Clinton «fauchés»

Les rivaux et adversaires de l'Amérique font, en revanche, les frais d'une plume plus acérée, tel l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad, «un coq belliqueux pavanant sur la scène internationale.

Hillary Clinton qualifie Vladimir Poutine d'«irritable et autocratique», plus intéressé par la sauvegarde des tigres de Sibérie que par les négociations commerciales internationales. Et elle livre une anecdote glaçante.

Le président russe confia en 2012 à Hillary Clinton une histoire très personnelle, à sa grande surprise. Après la Seconde guerre mondiale, le père de Vladimir Poutine serait rentré du front pour trouver près de chez lui une pile de cadavres, d'où il tira le corps de sa femme, qui n'était en fait pas morte et qu'il réanima.

«Pour moi, (cette histoire) donne un aperçu de l'homme qu'il est devenu et du pays qu'il dirige», écrit Hillary Clinton, qui dit ne pas avoir pu vérifier l'authenticité de l'histoire.

Dans Le temps des décisions, 635 pages accompagnées de dizaines de photos, l'ex-secrétaire d'Etat raconte aussi les dessous des négociations explosives entre Nicolas Sarkozy et ses partenaires de l'Otan avant le déclenchement de l'intervention militaire en Libye en 2011.

Elle y raconte l'empressement du président français à intervenir militairement pour redorer le blason de la France après l'épisode de la révolution tunisienne, et la colère de l'ensemble des alliés quand il leur annonce, lors d'un sommet à Paris en mars 2011, que des avions de chasse français sont déjà en route. «Cela a provoqué un tollé», écrit Hillary Clinton.

Hillary Clinton est omniprésente aux Etats-Unis cette semaine pour promouvoir son livre, dont la tournée de promotion s'apparente au prélude officieux d'une candidature à la Maison Blanche en 2016.

Elle n'annoncera pas sa décision avant la fin de l'année, a-t-elle répété lors d'une interview très attendue à la chaîne ABC diffusée mardi.

Lors de cet entretien enregistré dans sa vaste maison de Washington avec la journaliste Diane Sawyer, Hillary Clinton a provoqué les railleries de ses adversaires républicains en expliquant que le couple Clinton était «non seulement fauché mais endetté» en quittant la Maison Blanche en 2001.

«Nous avons dû nous battre pour pouvoir financer nos emprunts immobiliers pour nos maisons, et pour l'éducation de Chelsea (la fille unique des Clinton, ndlr). Vous savez, ce n'était pas facile», a-t-elle déclaré. Le couple a amassé depuis 2001 des dizaines de millions de dollars grâce à des discours facturés plusieurs centaines de milliers de dollars chacun.

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