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Joe Oliver est préoccupé par les déficits provinciaux et internationaux

09/06/2014 12:12 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, dit craindre de voir les gouvernements provinciaux et les alliés économiques internationaux du Canada relâcher leurs efforts de lutte contre la dette et les déficits.

Le ministre a rappelé aux 3000 délégués participant à la Conférence de Montréal, lundi, que le Canada prévoyait un surplus de 6 milliards $ en 2015-2016 mais que le déficit budgétaire moyen parmi les pays du G7 était de 5,9 pour cent du produit intérieur brut.

Il a applaudi le budget d'austérité du gouvernement du Québec et, à la veille d'une élection en Ontario, a appelé cette province à faire de même, tout en se défendant d'intervenir dans la campagne électorale, alors que les conservateurs ontariens promettent de profondes compressions dans les emplois du secteur public.

«Peu importe quel parti l'emporte aux élections, j'encouragerai le nouveau gouvernement à s'engager pour la croissance et à présenter un budget équilibré», a-t-il déclaré.

M. Oliver a par la suite indiqué aux journalistes qu'il fallait reconnaître que «le Canada ne peut réaliser son plein potentiel si ses plus grandes provinces demeurent en difficulté».

Selon lui, l'augmentation éventuelle des taux d'intérêt et la possibilité de décote par les agences de notation de crédit représentent un risque incontournable de voir les coûts de paiement de la dette gonfler.

Le ministre refuse toutefois de voir un risque de ralentissement économique résulter d'une approche d'austérité des deux plus importantes provinces canadiennes, le Québec et l'Ontario.

Il prévoit également que les faibles exportations canadiennes et investissements de capitaux reprendront de la vigueur. Il croit que le monde est actuellement à un «moment charnière» en matière d'économie mondiale, dont la reprise reste faible et les perspectives, incertaines.

En cette période d'incertitude, M. Olivier affirme qu'il est essentiel que les gouvernements se reposent sur de solides assises fiscales en se concentrant sur «une croissance forte, durable et équilibrée».

Cet automne, le G20 discutera de la proposition du Canada d'augmenter le PIB des pays membres de deux pour cent au-dessus des tendances actuelles, ce qui ajouterait 2000 milliards de dollars à l'économie mondiale.

M. Oliver, qui était auparavant ministre des Ressources naturelles, a également fait la promotion de la construction de pipelines canadiens en faisant miroiter la possibilité d'importants revenus issus de l'exportation des réserves de pétrole et de gaz naturel vers l'Europe et l'Asie.

Il a indiqué que le secteur des ressources représentait 18 pour cent de l'économie canadienne, deux millions d'emplois et 30 milliards $ de revenus gouvernementaux. Le marché est cependant limité au territoire américain, de sorte que le pétrole canadien est vendu à rabais, privant l'économie de 30 milliards $.

M. Olivier a cependant refusé de dire si son gouvernement approuverait bientôt ou non le projet Northern Gateway qui permettrait l'exportation de pétrole de la Colombie-Britannique vers les marchés asiatiques.

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