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Grèce/remaniement ministériel : Guikas Hardouvelis au portefeuille des Finances

09/06/2014 02:50 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

L'économiste Guikas Hardouvelis a été nommé lundi ministre des Finances à l'issue d'un profond remaniement ministériel effectué par le Premier ministre conservateur grec Antonis Samaras.

Ce remaniement vise à redorer l'image usée de la coalition droite-socialistes depuis deux ans au pouvoir.

Expert en macroéconomie et pro-européen convaincu, Guikas Hardouvelis, professeur de finances à l'Université du Pirée, doit poursuivre la politique de réformes dictée par les créanciers de la Grèce, UE et FMI.

Issu du même milieu de centre gauche que son prédécesseur Yannis Stournaras, M. Hardouvelis, 59 ans, conseiller économique de l'Eurobank, l'une des principales banques grecques, avait été directeur de l'ex-Premier ministre Lucas Papademos entre novembre 2011 et mai 2012, au pic de la crise grecque.

Il avait participé aux dures négociations en vue de la restructuration de la dette en 2012, qui avait permis d'effacer près de 106 milliards d'euros d'obligations de la dette souveraine détenues par les créanciers privés, surtout les banques.

Son expérience devrait lui servir prochainement pour les négociations avec la Commission européennes sur la réduction de l'énorme dette publique, égale à environ 175% du PIB.

Il devrait aussi coopérer avec Yannis Stournaras, qui s'apprête à prendre la tête de la Banque de Grèce dont l'actuel gouverneur, Georges Provopoulos, voit son mandat arriver à échéance à la mi-juin, selon les médias grecs.

Le remaniement ministériel d'Antonis Samaras, qui dirige le gouvernement de coalition droite-socialistes depuis son arrivée au pouvoir en juin 2012, intervient douze jours après les élections européennes.

En remplaçant une dizaine des ministres, dont ceux de l'Education, de la Santé, du Développement et de l'Intérieur et de la Culture, M. Samaras tente de rétablir l'image du gouvernement ternie par la victoire aux Européennes du principal parti d'opposition, la Gauche radicale Syriza.

Le Syriza a devancé de plus de 3% le parti conservateur Nouvelle-Démocratie, critiqué pour la poursuite de la politique de rigueur.

La participation du Pasok (socialistes) à la nouvelle équipe est renforcée par l'attribution d'un quatrième portefeuille à ce parti, celui de l'Education, Andréas Loverdos y remplaçant le conservateur Kostas Arvanitopoulos.

Ancien ministre de la Santé dans le gouvernement de Georges Papandréou (2009-2012) au moment de la survenue de la crise de la dette et du recours de la Grèce au mécanisme de sauvetage UE-FMI, Andréas Loverdos avait alors été l'artisan d'une réforme controversée des caisses de retraite.

Les socialistes conservent trois autres portefeuilles, ceux des Transports, de l'Environnement et des Affaires étrangères. Ce dernier est aux mains du président du Pasok, Evangelos Vénizelos, qui reste aussi vice-président du gouvernement.

Quant au conservateur Nikos Dendias, jusqu'ici ministre de l'Ordre public, il est nommé à la tête du ministère du Développement .

Makis Voridis abandonne son poste de porte-parole de la Nouvelle-Démocratie pour le ministère de la Santé après le départ d'Adonis Georgiadis. Tous les deux avaient été d'extrême droite avant de rejoindre la droite de M.Samaras.

Les conservateurs Dimitris Avramopoulos et Charalambos Athanassiou restent, quant à eux, à la tête des ministères de la Défense et de la Justice.

Le choix du Premier ministre de maintenir Kyriakos Mitsotakis au portefeuille-clé de la Réforme de l'Administration montre la volonté du gouvernement de poursuivre les réformes dans la fonction publique afin de réduire les dépenses publiques, soulignent les observateurs.

Les 42 membres de la nouvelle équipe, qui ne compte que deux femmes, la ministre du Tourisme Olga Kéfaloyanni, celle-ci conservant son portefeuille, et la nouvelle porte-parole du gouvernement Sophia Voultepsi, doivent prêter serment mardi à 12H30 (09H30 GMT).

"Le remaniement ne va pas modifier la politique de rigueur de M. Samaras", a dénoncé le Syriza dans un communiqué. Il accuse le Premier ministre de "ne pas avoir reçu le message des élections" européennes et d'"ignorer les souffrances quotidiennes du peuple grec".

Il s'agit du deuxième remaniement opéré par M. Samaras depuis son élection en juin 2012.

Un an plus tard, en juin 2013, il avait été contraint d'effectuer un léger lifting de son gouvernement à la suite de la crise politique provoquée par la fermeture de la radiotélévision publique ERT, et le départ de la coalition du petit parti Gauche démocratique (Dimar).

A l'époque, le remaniement n'avait touché que le ministère des Finances.

hec/bds

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