NOUVELLES

Écosse: à 100 jours du référendum, le camp du «oui» veut séduire les indécis

09/06/2014 07:28 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
In this photo taken March 15, 2014 a man wears a multitude of 'yes' campaign badges during a pro-independence march in Edinburgh, Scotland for the upcoming vote on Scotland's independence from the United Kingdom. Scotland's swithering "middle million" has Britain's future in its hands. "Swithering" means wavering, and it's a word you hear a lot in Scotland right now. Six months from Tuesday, Scottish voters must decide whether their country should become independent, breaking up Great Britain as it has existed for 300 years. Faced with the historic choice, many find their hearts say "aye" but their heads say "why risk it?" Polls suggest as many as a quarter of Scotland's 4 million voters remain undecided, and their choice will determine the outcome. Many long to cut the tie binding them to England, but fear the risks _ and the financial fallout. (AP Photo/Jill Lawless)

A 100 jours du référendum d'autodétermination en Ecosse, le camp du "oui" redoublait d'efforts lundi pour séduire les nombreux indécis dans l'espoir de rattraper son retard toujours conséquent face aux opposants à l'indépendance.

Après une embellie sensible depuis l'été dernier, les indépendantistes semblent marquer le pas dans les derniers sondages où ils naviguent à une douzaine de points derrière les partisans d'un maintien de l'Ecosse dans le Royaume-Uni.

Selon les données compilées par le Financial Times, qui fait la synthèse de tous les sondages, 48% des quatre millions d'électeurs voteraient ainsi pour rester sous pavillon de l'Union Jack, contre 35% qui seraient pour l'indépendance. L'écart est significatif, mais "Yes Scotland" compte sur les 16% d'indécis pour renverser encore la vapeur et rafler la mise sur le poteau, le 18 septembre prochain.

Les pro-indépendance puisent espoir dans une étude, commanditée par leurs propres soins, indiquant que sur dix indécis à l'automne dernier, sept auraient basculé depuis dans leur camp, contre seulement trois du côté des unionistes.

"Je sais qu'il reste beaucoup d'électeurs à convaincre et c'est en les engageant dans des millions de discussions que nous allons les attirer vers le oui", a souligné Blair Jenkins, le directeur de campagne de "Yes Scotland".

Parmi les indécis, un soin particulier est apporté aux femmes qui, selon tous les sondages, sont beaucoup plus réticentes à voter pour l'indépendance que les hommes.

"Le SNP (Parti national écossais, indépendantiste) a été confronté à la même problématique dans des élections passées et a toujours réussi à faire fondre l'écart en plaidant pour un changement positif. C'est ce que nous allons faire cette fois encore", disait récemment la vice-premier ministre écossaise Nicola Sturgeon à l'AFP.

Pour appuyer son propos, elle présidait lundi pour la première fois un conseil de ministres 100% féminin à Édimbourg. Sur les dix ministres de cabinet du gouvernement écossais, quatre sont des femmes.

Pendant ce temps, Alistair Darling, le président de "Better Together", favorable au non, a estimé que les partisans de l'indépendance étaient "à court d'arguments et de temps".

Selon lui, la promesse du transfert de nouveaux pouvoirs de Londres à l'Ecosse, qui jouit déjà depuis 1997 d'une autonomie accrue, a "changé la donne" et coupé l'herbe sous le pied de ses rivaux.

"Il y a deux ans, les indécis pouvaient voir le référendum comme un choix entre le changement et le statu quo. Aujourd'hui, à 100 jours de l'échéance, la situation n'est plus la même. Car il est désormais clair qu'un vote pour le non offrira davantage de pouvoirs à l'Ecosse au sein du Royaume-Uni", a martelé M. Darling.

INOLTRE SU HUFFPOST

Écosse: un référendum sur l'indépendance
Les désirs d'indépendance dans le monde