POLITIQUE

Commission Charbonneau: un homme-clé du financement de Nathalie Normandeau s'explique

09/06/2014 03:06 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT
CEIC

Christian Côté a expliqué à la commission Charbonneau avoir fait de la sollicitation, de 2005 à 2008, pour la ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau, à la demande de son chef de cabinet Bruno Lortie, un vieil ami.

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Cet urbaniste, longtemps associé à la firme Dessau, remettait par la suite les sommes amassées au chef de cabinet. M. Lortie avait déjà été décrit par Michel Binette, un ex-attaché de presse de la ministre, comme le responsable du financement de la ministre Normandeau.

La commission Charbonneau a présenté une liste de maires invités et de représentants d'entreprises qui ont acheté des billets pour un cocktail pour la ministre Normandeau le 10 novembre 2005, envoyée par M. Côté à M. Lortie à la veille de l'événement.

Les maires, a-t-il dit de façon générale, ne payaient pas, mais étaient invités aux frais de ces mêmes entrepreneurs.

Il était en effet convenu de solliciter la présence de maires dont on savait qu'elle était souhaitée par ces mêmes entrepreneurs.

Un entrepreneur pouvait ainsi faire un chèque qui couvrait sa contribution et celle d'un maire, ou alors fournir un second chèque personnel obtenu de son entourage.

M. Côté a aussi convenu que le cabinet de la ministre était intéressé à savoir qui se trouverait au cocktail.

Il a aussi dû reconnaître que des 18 maires invités cette année-là, seuls cinq dirigeaient des municipalités n'ayant pas de lien avec Dessau.

Il a ajouté avoir organisé quatre cocktails du genre, entre 2005 et 2008. Chaque cocktail amassait environ 40 000 $, à coup de chèques de 500 $ et 1000 $.

Christian Côté a ajouté qu'il s'agit ici strictement d'activités pour la circonscription de Mme Normandeau. Il affirme n'avoir jamais fait de financement sectoriel, puisque ce type d'activité était du ressort du niveau national du PLQ.

Le sectoriel, a-t-il dit, était fait par Violette Trépanier, la responsable du parti pour le financement. Le président de CIMA+ a aussi affirmé que le sectoriel relevait aussi de l'entrepreneur Marc Bibeau.

Christian Côté a contredit par ailleurs l'ex-propriétaire d'Infrabec Lino Zambito qui a affirmé qu'il avait aussi organisé une activité en 2009. De fait, il avait alors arrêté parce que son nom était sorti dans les médias pour son rôle de solliciteur pour Nathalie Normandeau.

« Je n'aimais pas ça être un homme public », a-t-il dit en guise d'explication.

Il a ajouté avoir aussi fait un voyage à Goose Bay, au Labrador, avec le chef de cabinet de la ministre des Affaires municipales Nathalie Normandeau. Dessau a aussi remboursé sa part et M. Lortie a payé la sienne.

Côté dément les allégations de Zambito

M. Côté a expliqué avoir aussi été solliciteur pendant deux ans pour l'ex-ministre libéral David Whissell, avec lequel il s'était lié alors qu'il était encore dans l'opposition.

M. Côté dit avoir aussi fait un voyage de pêche avec lui sur la Côte-Nord alors qu'il était ministre. M. Whissell a payé sa part, a-t-il dit, ajoutant que la sienne était payée par Dessau et qu'il faisait donc du démarchage.

À l'automne 2012, l'ex-propriétaire d'Infrabec, Lino Zambito, avait soutenu que Côté, qu'il décrivait comme un organisateur de David Whissell, avait tenté de lui soutirer 50 000 $ en argent comptant à l'été 2007. L'affaire aurait échoué grâce à l'intervention de l'ex-organisateur libéral Pierre Bibeau.

Devant la commission, M. Côté a soutenu que la version de M. Zambito est totalement fausse. Il admet l'avoir sollicité pour qu'il participe à un cocktail de Nathalie Normandeau à Montréal, mais qu'il a tout simplement refusé. M. Zambito estimait, a-t-il dit, qu'il avait déjà les entrées qu'il lui fallait au PLQ.

Aussi, bien qu'il soutienne que « c'est complètement faux », il a ajouté ne pouvoir expliquer pourquoi M. Zambito a fait une telle allégation.

Retour sur les allégations de l'ex-maire de Saint-Sauveur

Christian Côté a aussi été interrogé en matinée sur une histoire de subvention que la municipalité de Saint-Sauveur avait demandée au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) pour une piscine municipale.

L'ex-maire de Saint-Sauveur, Michel Lagacé, a témoigné à ce sujet la semaine dernière. Il avait expliqué qu'Isabelle Lord, l'attachée politique du ministre responsable des Laurentides David Whissel, l'avait mis en contact avec Christian Côté en 2008 pour faire débloquer le projet.

M. Côté a confirmé qu'il avait bel et bien été impliqué à cette époque dans des démarches auprès du maire Lagacé, en compagnie d'un autre responsable de Dessau, Denis Guindon.

Il soutient que Denis Guindon savait, par les journaux locaux, que le projet était embourbé. Les deux hommes ont donc entrepris de lui donner un coup de main, aux frais de Dessau.

Christian Côté assure que Dessau voulait simplement que le projet aille de l'avant et qu'elle aurait soumissionné comme tant d'autres pour tenter de l'obtenir si le projet était allé de l'avant. Il a démenti avoir demandé ou même espéré un « appel d'offres dirigé », comme l'avait compris M. Lagacé.

M. Côté a aussi soutenu que David Whissell aurait préféré qu'un tel projet soit géré en régie intermunicipale, plutôt que par la seule municipalité de Saint-Sauveur, et qu'il avait donc tenté de convaincre le maire de « créer un projet acceptable pour l'ensemble de la MRC », notamment en lui recommandait d'impliquer Piedmont et Morin-Heights dans la construction, mais en vain.

Il ne croit pas non plus que l'obtention de la subvention du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport nécessitait l'aval de M. Whissell, comme l'avait compris l'ex-maire de Saint-Sauveur.

Côté n'est plus chez Plania

Christian Côté a expliqué au début de son témoignage qu'il a quitté la firme Plania en juillet dernier. « Tous ceux qui faisaient du développement des affaires ne sont plus dans l'entreprise », a-t-il déclaré, laconique.

M. Côté travaillait pour Plania depuis plusieurs années. Cette firme d'urbanistes avait été fondée par Dessau dans les années 2000, après qu'elle eut acheté le Groupe Gauthier Biancamano Bolduc (GGBB) et Planicité. Ces deux firmes avaient elles-mêmes acheté en 1999 la firme Enviram, fondée par M. Côté.

Chez GGBB, M. Côté relevait de Daniel Gauthier, qui fait face à des accusations de fraude, complot et abus de confiance dans le dossier du Faubourg Contrecoeur.

M. Côté a aussi expliqué plus tôt dans son témoignage qu'il avait d'abord fait du financement politique dans la circonscription de Chauveau, entre 1985 et 1991. Le député libéral de la circonscription était alors un de ses amis, Rémy Poulin.

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