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Chine: plaidoyer contre la démocratie du Quotidien du peuple

09/06/2014 04:13 EDT | Actualisé 08/08/2014 05:12 EDT

La démocratie à l'occidentale est un "piège" que la Chine doit éviter, a averti lundi le Quotidien du peuple, organe du Parti communiste chinois (PCC), quelques jours après le 25e anniversaire de la répression meurtrière du "printemps de Pékin" en faveur de la démocratisation du pays.

"La +politique de la rue+ conduit souvent aux désordres et même à la guerre civile", a affirmé un éditorialiste du journal, Mi Bohua.

Selon lui, "du Moyen-Orient à l'Afrique du Nord ou de l'Ukraine à la Thaïlande, tous (ces pays), sans exception, ont été entraînés sur la voie de la +démocratie à l'occidentale+ et tous ont vu la politique dans la rue escalader de meetings en manifestations, jusqu'à un conflit armé".

Et dans la plupart des pays touchés par ces mouvements, a poursuivi l'éditorialiste du PCC, "les forces américaines ou occidentales, ouvertement ou en coulisses, ont été impliquées".

L'éditorialiste s'est gardé de toute allusion à l'immense vague de manifestations du printemps 1989, initiée par des étudiants, en faveur de la démocratie et contre la corruption en Chine.

Son propos intervient toutefois aux lendemains du 25e anniversaire, le 4 juin, de l'écrasement par l'armée du mouvement, commémoré par une influence record de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Hong Kong, seule partie du territoire chinois où l'interdiction par les autorités ne s'appliquait pas. Toute référence aux événements est strictement censurée en Chine.

Signe de la nervosité du régime, plusieurs dizaines de juristes, journalistes, parents de victimes et défenseurs des droits de l'homme ont été emprisonnés ou réduits au silence à l'approche de l'anniversaire.

Dans un discours prononcé en avril lors d'un voyage officiel en Allemagne, l'actuel président Xi Jinping avait affirmé que la Chine avait fait l'expérience dans le passé du système parlementaire et du multipartisme, mais que "rien de cela n'avait marché".

"Finalement, la Chine a pris la voie socialiste", avait ajouté le président chinois.

"Comment la Chine, sinon, aurait-elle pu avoir la paix et la prospérité?", s'est interrogé en écho l'éditorialiste du Quotidien du peuple.

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