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Avec le beau temps, les mises en chantier ont atteint en mai un sommet de 7 mois

09/06/2014 11:40 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Le secteur canadien de la construction de logements a montré une vigueur étonnante en mai, surpassant les attentes du marché et continuant à défier les prévisions de ralentissement, la cadence des mises en chantier ayant atteint un sommet de sept mois.

Le nombre de mises en chantier a augmenté en mai pour atteindre le niveau désaisonnalisé et annualisé de 198 324 habitations, une hausse de 0,8 pour cent comparativement à 196 687 en avril, a indiqué lundi la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

Ces plus récentes données laissent de plus en plus croire que le niveau de 157 500 mises en chantier observé en mars, un creux de près de cinq ans, était lié aux conditions météorologiques inhabituellement mauvaises.

Malgré tout, les économistes croient que le marchés de l'habitation ne pourra pas soutenir encore longtemps un tel rythme, compte tenu que la plupart des indicateurs — des prix à l'accessibilité, en passant par les taux de propriété des maisons et l'endettement des ménages — laissent croire que le secteur est au sommet de son cycle.

«Il y a encore plusieurs signes de sur-construction modérée pour le secteur canadien de l'habitation. Le nombre de maisons en copropriétés en vente sur le marché des maisons existantes a augmenté considérablement plus rapidement que la demande (dans plusieurs villes). Entre-temps, le nombre de nouvelles maisons en construction se trouve à un sommet de tous les temps», a noté l'économiste Diana Petramala, de la Banque TD.

«En passant outre cette volatilité à court terme, les mises en chantier devraient continuer à ralentir entre 170 000 et 175 000 logements, une cadence qui est plus conforme à la formation des ménages, alors que le marché de l'habitation passe à travers le nombre élevé de condominiums en vente.»

Malgré tout, l'économiste Laura Cooper, de la Banque Royale, fait remarquer que le rebond actuel donnera probablement un coup de pouce au produit intérieur brut (PIB) du deuxième trimestre, puisque la construction de logements reste une importante source d'emplois pour le secteur de la construction, les services immobiliers et la vente de meubles et d'appareils électroménagers.

Les gains les plus importants pour le mois dernier sont provenus des mises en chantier de maisons individuelles dans les centres urbains, qui ont avancé de 5,4 pour cent, tandis que celles des logements collectifs ont cédé 0,8 pour cent et que celles en milieu rural ont chuté de 3,8 pour cent.

Les données témoignaient en outre d'importantes variations d'une région à l'autre, avec une énorme progression dans les provinces atlantiques — 82,3 pour cent — et de plus modestes croissances au Québec et en Colombie-Britannique. Dans les Prairies, les mises en chantier ont reculé de 15,7 pour cent, tandis qu'elles sont restées essentiellement stables en Ontario.

L'augmentation d'ensemble permet à la moyenne mobile de six mois de s'établir à 184 438 mises en chantier au mois de mai, en données désaisonnalisées et annualisées, comparativement au chiffre de 183 872 pour le mois d'avril.

Ces deux derniers mois, les mises en chantier ont cependant atteint une moyenne de près de 198 000, ce qui représente une hausse de 13 pour cent par rapport aux trois premiers mois de l'année.

Même si le marché a ralenti par rapport à sa torride allure d'il y a quelques années, la plupart des analystes croient que de nouvelles baisses auront lieu avec la reprise de l'économie, lorsque les taux d'intérêt commenceront à grimper.

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