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Ankara et Téhéran se promettent de coopérer pour mettre un terme aux conflits, notamment en Syrie

09/06/2014 07:53 EDT | Actualisé 09/08/2014 05:12 EDT

La Turquie et l'Iran se sont engagés lundi à coopérer pour mettre un terme aux conflits qui agitent le Moyen-Orient, notamment la guerre civile en Syrie où les deux pays s'opposent, afin de ramener la "stabilité" dans cette région.

"Nous souhaitons tous les deux faire cesser les souffrances dans la région (...) nous sommes déterminés à y parvenir. Les efforts communs de la Turquie et de l'Iran peuvent apporter une contribution importante à cet effort", a déclaré M. Gül au cours d'une conférence de presse concluant un entretien avec son homologue iranien.

"L'Iran et la Turquie, les deux plus importants pays de la région, sont déterminés à combattre l'extrémisme et le terrorisme", a renchéri M. Rohani.

"L'instabilité qui existe dans la région ne sert personne, ni dans la région, ni dans le monde. Nos deux pays ont accepté de travailler ensemble et de faire de leur mieux", a ajouté le chef de l'Etat iranien.

"Ce qui est important pour nous, c'est de mettre un terme au bain de sang et au conflit en Syrie, de nous débarrasser des terroristes qui viennent de plusieurs pays et de laisser le peuple syrien décider de son avenir", a insisté M. Rohani devant la presse à l'issue d'un entretien en fin de journée avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Ankara et Téhéran s'opposent depuis plus de trois ans sur le conflit syrien. L'Iran est le principal allié régional du régime du président Bachar al-Assad alors que la Turquie a pris fait et cause pour la rébellion qui le combat.

Selon l'agence de presse officielle Irna, M. Rohani a envoyé dimanche un message de félicitations à M. Assad "pour sa victoire à la présidentielle" du 3 juin organisée dans les zones contrôlées par le régime et qu'il a remportée sans surprise face à deux candidats inconnus.

- Nucléaire -

A l'inverse, le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié lundi ce scrutin de "nul et non avenu" et d'"impossible à prendre au sérieux".

Devant la presse, M. Gül a une nouvelle fois apporté son soutien aux négociations sur le programme nucléaire controversé iranien. "Nous ne souhaitons pas qu'un pays de la région se dote de l'arme nucléaire", a-t-il souligné.

"Notre région devrait être débarrassée non seulement des armes nucléaires mais aussi des armes conventionnelles", a souhaité son invité.

L'Iran négocie depuis le début de l'année avec les grandes puissances du "5+1" (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) un accord susceptible de rassurer durablement le reste du monde sur le caractère exclusivement pacifique de son programme atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales.

Des représentants américains et iraniens doivent directement se rencontrer pour la première fois lundi et mardi à Genève pour évoquer la question.

A l'issue de son entretien avec le président iranien, M. Erdogan s'est contenté de souligner, sans plus de détails, "les progrès dans les relations (entre les deux pays) depuis l'élection de M. Rohani" en 2013.

Pendant une visite en Iran en janvier, il avait annoncé l'intention des deux pays de porter en 2015 à 30 milliards de dollars (22 milliards d'euros) le volume de leurs échanges commerciaux, contre 13,5 milliards de dollars (10 milliards d'euros) en 2013.

Largement dépendante de l'Iran et de la Russie pour ses ressources énergétiques, la Turquie envisage d'augmenter ses importations de pétrole et de gaz iraniens, à la faveur d'un accord sur le programme nucléaire iranien.

Le séjour de M. Rohani était la première visite d'Etat en Turquie d'un président iranien depuis 1996. Ses prédécesseurs, Mohammad Khatami (1997-2005) et Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013), s'y étaient rendus pour de simples visites de travail.

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